Levent Tok,Adham Kako,Ömer Koparan,Mohamad Misto,Ayşe Betül Gedikoğlu
26 Décembre 2018•Mise à jour: 27 Décembre 2018
AA - Istanbul - Ayse Betul Akcesme
Tandis que l'armée américaine s'apprête à se retirer de Syrie, la France, qui ne dispose seulement d'environ 200 soldats sur le terrain et qui profite des moyens américains au niveau de plusieurs zones militaires, a annoncé qu'elle continuera de soutenir l'organisation terroriste YPG/PKK en Syrie.
L'annonce du Président américain, Donald Trump, à propos du retrait américain de Syrie, avait sérieusement déstabilisé les militants du YPG/PKK. Cependant, les déclarations de la France, concernant "la continuité de son soutien", a permis aux terroristes du YPG/PKK de retrouver espoir.
Selon les recherches effectuées sur le terrain par les journalistes de l'agence Anadolu (AA), la France ne dispose actuellement pas des moyens nécessaires pour apporter ledit soutien.
La France ne possède seulement d'environ 200 soldats des forces spéciales à l'Est de l'Euphrate, zone sous l'occupation de l'organisation terroriste YPG/PKK.
Les éléments de l'Armée française sont présents au niveau de neuf positions militaires. La France ferme les yeux sur la présence de groupes anarchistes et gauchistes radicales dans les rangs du YPG/PKK, en tant que combattants étrangers. Par ailleurs, la France compte une cinquantaine de ressortissants français parmi les rangs du YPG/PKK.
Les unités françaises qui mènent des actions ensemble avec le YPG/PKK sur le terrain, avaient dernièrement soutenu le YPG/PKK pour la prise de Daech, du district de Hajin à Deir ez-Zor, par des tirs de mortier.
- Une présence militaire dépendante des Etats-Unis
Les soldats français sont présents au niveau du Mont Mistanur (au sud de Kobané), du district Sarrin, de la commune Aïn Issa, de l'usine française de ciment Lafarge (située dans le village Harab Isk), de la base de Raqqa, du terrain pétrolier de Kabiba, de la base militaire située à l'aéroport de Tabka et aux alentours de la rivière de Saju à Manbij.
Au sud du terrain pétrolier de Kabiba à Deir ez-Zor, il y a des obus de mortiers français. Les bâtiments administratifs du terrain pétrolier font office de centres pour les soldats français. Par ailleurs, dans le terrain pétrolier de Kahar, situé à l'est du district Mayadin de Deir ez-Zor, il y a des obus de mortiers et les forces spéciales.
Parmi les neuf positions militaires précitées, dans quatre d'entres-elles, les Français sont parrainés par les soldats américains. A noter que dans les autres zones, ils doivent leur capacité de mouvements à la protection de l'Armée américaine et du YPG/PKK.
Dans les conditions actuelles, il s'avère improbable pour la France d'assurer le même niveau de soutien au YPG/PKK, que celui apporté par les Etats-Unis.
- Les déclarations de la France et les réactions
Le 20 décembre dernier, Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes, avait annoncé que la France continuera d'être engagée en Syrie malgré le départ des Etats-Unis.
Dans une déclaration faite dimanche dernier, le Président français, Emmanuel Macron, avait déclaré: "nous ne devons pas oublier que nous sommes redevables envers le YPG/PKK"
Le Chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, avait réitéré que "Si la France reste en Syrie dans le but de protéger le YPG, ceci ne profitera ni à la France ni au YPG."
Les efforts de la France pour continuer de soutenir le YPG/PKK avaient notamment été critiqués par les commandants de l'Armée Syrienne Libre.
La France, qui se dit être présente en Syrie dans le cadre de la coalition internationale anti-Daech, n'accepte pas officiellement avoir des soldats dans le nord de la Syrie.