AA / Riyad
L'organisation « Human Rights Watch » (HRW) a appelé, lundi, les pays du G20 à « exercer une pression sur l'Arabie Saoudite afin que le royaume libère tous les détenus, séquestrés illégalement, et réclamer une reddition des comptes pour les flagrantes violations des droits de l’Homme ».
Dans un appel lancé à quelques jours de la tenue du sommet en vidéoconférence du G20, prévu le 21 novembre courant, HRW appelle également les pays de ce Forum économique à autoriser une instance internationale indépendance à enquêter sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.
Aucun commentaire n'a pu être recueilli auprès de Riyad qui, généralement, affirme ne pas violer les droits de l'homme.
HRW a indiqué sur son site électronique avoir adressé des correspondances aux Chefs de gouvernement du G20, aux mois de juillet et d'août derniers, pour les exhorter à discuter publiquement des droits de l'Homme en Arabie Saoudite.
L'organisation a ajouté que « les pays du G20 ont accordé à l'Arabie Saoudite la présidence tournante du groupe, au titre de l'année 2020, et ce malgré les violations en continue des libertés fondamentales par le gouvernement de Riyad ».
HRW a tenu à préciser que « parmi ces agressions et violations figurent l'emprisonnement et le harcèlement des opposants et des militants des droits de l'Homme ainsi que les attaques illégales perpétrées contre les populations civiles au Yémen ».
Depuis le mois de mars 2015, l'Arabie saoudite conduit une « Coalition arabe » qui lance des opérations militaires sur le sol du voisin du sud, le Yémen, afin de soutenir les forces gouvernementales dans leur guerre contre les Houthis, appuyés à leur tour par l'Iran.
L'organisation a indiqué que les autorités saoudiennes officielles « font peu de cas des appels internationaux lancés pour leur demander des comptes après l'assassinat par des agents saoudiens du journaliste Jamal Khashoggi ».
Riyad réfute fermement la véracité des accusations qui lui sont portées, en particulier, à l'endroit du prince-héritier Mohammed Ben Salmane (MBS), qui aurait ordonné l'assassinat de Khashoggi, à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre 2018.
Michael Page, directeur-adjoint de la division du Moyen-Orient à HRW, a relevé que la « Présidence du G20 a accordé une place internationale imméritée au gouvernement du prince-héritier Mohammed Ben Salmane ».
Et Page d’ajouter : « Au lieu d'exprimer ses inquiétudes quant aux flagrantes violations perpétrées par l'Arabie Saoudite, le G20 renforce les efforts publicitaires et de sponsoring financés par le gouvernement de Riyad, visant à redorer le blason du pays pour le montrer comme étant un Etat réformateur et ce, malgré la recrudescence de l'oppression depuis 2017, année de l'accès de MBS au poste de prince-héritier ».
Page a mis l'accent sur le fait que les « Etats du G20 sont en mesure de créer la différence et d'assumer un rôle de premier plan pour convaincre l'Arabie Saoudite de stopper ses violations et exactions dans le domaine des droits de l'homme ».
Et l'organisation de poursuivre : « Deux ans se sont écoulées depuis l'assassinat barbare du journaliste Jamal Khashoggi par des agents saoudiens, au mois d'octobre 2018, et depuis cette date, nous n'avons assisté à aucune reddition de comptes de la part de responsables de haut niveau impliqués dans ce crime crapuleux ».
Depuis cette date, poursuit HRW, « l'Arabie Saoudite a dépensé des milliards de dollars pour accueillir des événements récréatifs, culturels, et sportifs majeurs, en tant que stratégie délibérée pour changer l'image du pays qui viole systématiquement les droits de l'homme ».
L'organisation a appelé les pays du G20 à « aider à empêcher les tentatives saoudiennes visant à détourner l'attention de ses violations, à travers l'accueil du sommet du G20 ».
HRW a exhorté le G20 à inviter l'Arabie Saoudite à « prendre des mesures, s’agissant de la libération inconditionnelle de l'ensemble des militants saoudiens des droits de l'homme accusés par de mystérieuses charges, en raison de leurs activités, notamment des contacts avec des organisations des internationales des droits de l'homme, le Conseil des Nations unies des droits de l'homme et des médias internationaux ».
Parmi ces activistes, figurent des militantes dans le domaine des droits de l'homme interpellées en 2018. Il s'agit de Loujein Hedhloul, de Nacima Sada, de Samar Badawi, de Nouf Abd al-Ozzi ainsi que les activistes Salah Hayder, Walid abou al-Khir, Issam Kouchk et Raef Badawi.
L'organisation a appelé également à autoriser le »Groupe d'experts des Nations unies sur les Yémen » à accomplir son mandat, à travers la facilitation de sa mission, en lui permettant d'accéder au territoire saoudien et de prendre atatche avec le siège de l'alliance, l'unité d'observation y relevant dans la capitale Riyad, le ministère de la Défense et le Groupe mixte d'évaluation des incidents ».
L'organisation appellent à « autoriser une instance internationale indépendante à enquêter sur le meurtre de Jamal Khashoggi et à réviser l'ensemble des documents du tribunal saoudien, au sujet du procès supposé des présumés responsables du meurtre, un procès qui avait pris fin au mois de septembre dernier ».
Le G20 est le principal forum de coopération économique internationale. Il compte dans ses rangs les plus grandes économies du monde et discute des questions financières, sociales et économiques.
Le G20 compte en plus de l’Union européenne, 19 pays. Il s’agit de l'Argentine, de l'Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la France, de l'Allemagne, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Italie, du Japon, du Mexique, de la Corée du Sud, de la Russie, de l'Arabie Saoudite, de la Turquie, de l'Afrique du Sud, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d'Amérique.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou