AA/ Jérusalem/ Abderraouf Arnaout
Le gouvernement israélien mène la plus vaste opération militaire contre le mouvement Hamas, depuis l’enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit en 2006, sous prétexte de rechercher les trois colons disparus depuis la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juin dans le sud de la Cisjordanie.
Après la disparition des trois colons juifs, le gouvernement israélien a accusé Hamas de les avoir enlèvés, sans avancer de preuve. Désormais, Israël a entrepris des frappes contre Hamas, comme l’ont confirmé le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le chef d’état-major, Benny Gantz. Ce dernier a explicitement annoncé qu’Israël mène depuis cinq jours une grande opération contre Hamas.
« Cet enlèvement ne passera pas sans que Hamas en paye le prix fort», a affirmé Yaalon à des médias israéliens. Et selon Gantz « l’objectif est de rapatrier les trois jeunes enlevés et frapper le mouvement Hamas».
Par ailleurs, aucune partie palestinienne n’a encore revendiqué cet enlèvement.
Pour sa part le mouvement Hamas a considéré, dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie, que « hormis le nom de la partie responsable de cette opération, le peuple palestinien a le droit de se défendre et d'être solidaire avec ses prisonniers». Et de poursuivre « Hamas n’est pas prêt à réagir à la version sioniste puisque l’ennemi cherche à travers elle à justifier ses agressions contre notre peuple et contre la réconciliation palestinienne».
Depuis vendredi dernier, l’armée israélienne a arrêté plus de 200 Palestiniens en Cisjordanie, dont la majorité sont des activistes du Hamas.
Les discours menaçants ont circulé même dans les médias israéliens, notamment sur la radio publique qui a diffusé, mardi : « Des forces de l’armée israélienne poursuivent leurs efforts de recherche des trois jeunes et ciblent les infrastructures des organisations terroristes et leurs ailes politiques ». Et d’ajouter «Des équipes de l’administration civile en Cisjordanie ont fait irruption, lundi soir, dans plusieurs institutions de Hamas et saisi plusieurs équipements. Ces institutions sont accusées de blanchiment d’argent pour le compte de Hamas en vue de financer des actes terroristes, sous couvert d’activité civiles».
Dans ce même contexte, un officier haut gradé de l’armée israélienne a confié au site de Walla (indépendant) que «le dispositif sécuritaire attaquera tout ce qui porte la couleur verte ou un symbole du Hamas en Cisjordanie (faisant allusion à la bannière verte du Hamas) ». Il a poursuivi: "c’est au peuple palestinien de décider s’il accepte d’être dirigé par Hamas", faisant allusion au gouvernement de consensus formé après l’accord de réconciliation entre Fatah et Hamas en avril dernier.
«Tel Aviv a décidé de profiter de l’enlèvement des colons pour porter un coup fatal à la base du mouvement Hamas en Cisjordanie», précisent des sources israéliennes, citées par le journal Yideot Aharonot. Ces sources ont ajouté qu’Israël compte fermer les institutions et les organisations de secours rattachées à Hamas et bloquer leurs transferts de fonds. Ces mesures sont de nature à obliger Hamas à entamer des contacts pour dévoiler le sort des colons enlevés.