Burak Karacaoğlu,Eşref Musa,Selen Temizer,Ömer Koparan
16 Mars 2018•Mise à jour: 17 Mars 2018
AA - Idleb
Les camps de réfugiés installés à la frontière turco-syrienne accueillent des centaines de milliers de civils, contraints de quitter la Syrie en raison des attaques perpétrées par le régime de Bachar al-Assad.
Des plus jeunes aux plus vieux, tous aspirent à la fin de la guerre et rêvent de pouvoir rentrer chez eux, un jour.
La guerre civile syrienne, qui a éclaté courant mars 2011, n’est pas loin d’entamer sa huitième année.
Depuis le début de la guerre, 5 millions 600 mille civils ont obtenu le statut de réfugiés, selon les données de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Environ 6,5 millions de Syriens, dont 2,8 millions d’enfants, ont dû quitter leur foyer.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme (HCDH), ce bilan fait de la communauté syrienne la plus grande communauté du monde a avoir été contrainte à l’exode.
Parmi les réfugiés syriens, un million vivent dans les camps de réfugiés à la frontière turco-syrienne.
Le camp de réfugiés du village de Atmé, installé dans la province d’Idleb (Syrie) face à la province turque de Hatay, accueille environ 300 mille civils.
La majorité des réfugiés se compose de Syriens ayant perdu des membres de leur famille en raison des attaques perpétrées par le régime.
Les images prises par les drones de l’Agence Anadolu, dépeignent la lutte des réfugiés pour rester en vie.
Oum Ayed (50), réfugiée syrienne dans le camp de Atmé, indique à un correspondant Anadolu qu’elle vit dans une tente, loin de chez elle, depuis 6 ans.
«Le régime continue de bombarder nos villages, déplore-t-elle craignant ne pouvoir rentrer tant que la guerre n’aura pris fin. Ils continuent de bombarder depuis une base militaire à Lattaquié. Nous pourrons rentrer chez nous uniquement lorsque le régime d’Assad sera tombé».
Abdelrahmane Lattouf, réfugié, explique être arrivé au camp suite aux attaques du régime et de ses alliés, en 2013, dans les régions de Qusseir et Qalamun, dans le Rif de Damas.
«Chaque soir nous posons la tête sur l’oreiller en espérant pouvoir rentrer un jour, déclare-t-il. C’est notre espoir qui nous a permis de tenir et vivre pendant ces 5 années».
Diplômé en génie civil en 2011, Lattouf regrette de ne pas avoir pu exercer son métier, et ajoute: «À peine construite, nos habitations étaient détruites à cause de la guerre. Lorsque la guerre prendra fin, nous les reconstruirons le plus rapidement possible».
Omar, petit réfugié âgé de sept ans ne se souvient pas du jour où ils ont quitté leur village.
«La seule chose dont je me souviens ce sont les bombardements d’Assad, relève-t-il. C’est la raison pour laquelle nous avons quitté notre village. Nous pourrions rentrer si Assad cesse de bombarder nos maisons. Une fois rentrés, la première chose que nous ferons sera de reconstruire nos maisons».
Enfin, Ahmed Zarzour, réfugié âgé de 17 ans, originaire du village d’al-Habit (Idleb), a confié avoir été contraint de quitter le village il y a six ans.
«Notre maison n’est pas loin des régions dans le sud du Rif d’Idleb, sous contrôle du régime, a-t-il conclu. InchaAllah nous rentrerons quand la guerre prendra fin, lorsque le régime tombera. J’ai de l’espoir. Le plus difficile est de vivre de façon dispersée et loin de ma famille.»