Serap Doğansoy
11 Septembre 2026•Mise à jour: 11 Septembre 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La Cour pénale internationale (CPI) prépare des solutions techniques alternatives afin de préserver son fonctionnement en cas de nouvelles sanctions américaines visant l’ensemble de l’institution, a déclaré son procureur par intérim, Mame Mandiaye Niang, selon plusieurs médias français.
« Peut-être ce qui nous préoccupe le plus, c’est surtout la menace de sanctions additionnelles, non seulement au niveau des personnes, mais aussi au niveau de l’institution », a-t-il expliqué, évoquant de possibles conséquences sur les moyens technologiques de la CPI.
La juridiction, qui siège à La Haye, recherche ainsi des « alternatives » pour préserver son indépendance et poursuivre ses activités.
Mame Mandiaye Niang a estimé que les attaques de l’administration du président américain Donald Trump reposent en partie sur une « incompréhension » du rôle de la Cour.
« Nous ne sommes pas intéressés et nous n’avons pas vocation à enfreindre la souveraineté des États. Nous savons que nous ne sommes pas les gendarmes du monde », a-t-il déclaré.
Le magistrat sénégalais a également rejeté les accusations américaines présentant la CPI comme une institution corrompue. « C’est un jugement que nous n’acceptons pas », a-t-il affirmé.
Lui-même visé par les sanctions américaines, il a expliqué que celles-ci rendaient pratiquement impossible l’accès aux systèmes de paiement et compliquaient des démarches quotidiennes telles que la réservation de vols ou d’hôtels.
Washington promet de « démanteler » la CPI
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a promis de démanteler « brique par brique » la CPI, qualifiée de « menace intolérable pour la souveraineté américaine ».
Washington a sanctionné plusieurs responsables de la Cour après la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu pour des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité liés à la guerre à Gaza.
« Rien n’est impossible »
Mame Mandiaye Niang se prépare parallèlement au procès de l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour des crimes présumés commis pendant sa « guerre contre la drogue ».
Il a estimé que la comparution d’anciens dirigeants envoyait un message « très fort » aux responsables susceptibles de commettre des atrocités. « Personne ne devrait échapper à la justice. Et c’est ce que nous symbolisons ici », a-t-il déclaré.
Le procureur par intérim a également dit espérer que les mandats d’arrêt visant Vladimir Poutine et Benyamin Netanyahu conduiraient un jour à leur comparution devant la CPI. « Rien n’est impossible », a-t-il affirmé.
Mame Mandiaye Niang a pris la direction du bureau du procureur après le départ de Karim Khan, visé par des accusations d’abus sexuels qu’il conteste. Prônant la continuité jusqu’à l’élection d’un nouveau procureur, il a estimé que ce n’était « pas le moment des grandes révolutions », ajoutant qu’il restait « des plaies à panser ».
« L’idéal que nous représentons, l’idéal de justice, je ne peux pas y renoncer. Personne ne peut y renoncer », a-t-il conclu.