AA/Le Caire (Egypte)
Une délégation diplomatique publique éthiopienne est arrivée, mardi, au Caire, dans le cadre des efforts pour détendre les tensions entre l’Ethiopie et l’Egypte suite à la construction par Addis-Abeba d’un barrage sur le Nil sujet à polémique.
«Menée par le président du Parlement éthiopien, Abadula Gemeda, la délégation est arrivée au Caire à bord d’un avion de la Ethiopian Airlines » a annoncé, à l’Agence Anadolu (AA), une source de l’Aéroport international du Caire.
La délégation, constituée de soixante-dix membres, restera pendant quatre jours en Egypte
Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Dina Mufti, a déclaré, vendredi, que «la délégation diplomatique publique composée d’hommes d’affaires, de représentants d’institutions académiques, de personnalités célèbres et d’artistes » a pour objectif d’envoyer «un message aux divers acteurs de la communauté égyptienne que le Nil est notre ressource commune».
« [Le Nil] doit être un facteur de lien [d’amour] entre nos deux pays au lieu de véhiculer de la tension» avait alors plaidé Mufti.
L’Ethiopie et l’Egypte tentent actuellement un rapprochement diplomatique afin de réduire leurs différends concernant un mégaprojet éthiopien de barrage hydroélectrique sur le Nil.
L’édifice baptisé barrage "Renaissance" a suscité les craintes de l’Egypte quant à son impact sur sa quote-part annuelle des eaux du Nil, évaluée actuellement à 55,5 milliards de mètres cubes et sur sa sécurité nationale en cas d’effondrement de l’édifice.
Addis-Abeba a cependant affirmé à plusieurs reprises que le barrage profiterait aux deux Etats en aval du Nil, le Soudan et l’Egypte.
Les deux pays avaient convenu de reprendre des pourparlers tripartites - incluant également le Soudan - après la rencontre, en juin dernier, en Guinée équatoriale, du Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, et du président égyptien, Abdel-Fattah al-Sissi.
Les réunions d’un comité technique tripartite, créé en 2011, ont finalement repris en août, après une interruption de huit mois due aux différends entre le Caire et Addis-Abeba.
En septembre, le comité tripartite a décidé de charger des entreprises de recherche de mener une étude sur les impacts transfrontaliers et environnementaux du «Barrage de la Renaissance», tel qu’il a été baptisé.