AA / Le Caire / Hazem Badr – Hussein Qabani
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a annoncé que le groupe arabe aux Nations Unies a adopté le point de vue de l’Egypte au sujet d’un projet de résolution portant sur la situation en Libye, qui sera soumis au Conseil de sécurité mercredi.
Badr Abdelatty, porte-parole du ministère, a dans un communiqué rendu public, et dont Anadolu a eu copie, indiqué que le projet prévoit « une demande de la levée de l’embargo militaire imposé au gouvernement légitime afin de lui permettre d’accomplir sa mission dans la lutte antiterroriste, ainsi que le renforcement des contrôles aérien et maritime pour interdire l’acheminement d’armes aux milices armées ».
Le communiqué égyptien désigne par « gouvernement légitime », le gouvernement provisoire présidé par Abdallah al-Théni, qui est issu de la chambre des députés qui siège à Tobrouk (Est), et qui a été dissous par un arrêt rendu par la Haute Cour Constitutionnelle de Tripoli (Ouest).
Ce gouvernement est reconnu par les Nations Unies, l’Union Africaine, la Ligue des Etats Arabes et plusieurs autres pays, dont l’Egypte. Un second gouvernement appuyé par un parlement siège de son côté dans la capitale Tripoli.
Abdelatty a ajouté que le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Chokri s’est « réuni avec les ambassadeurs du groupe arabe à New York avant la tenue de la séance d’urgence du Conseil de sécurité à 15H00 (Heure New-York, 20H00 GMT).
« Le ministre Chokri a exposé une série d’éléments devant être contenus dans le projet de résolution qui sera présenté au Conseil au nom du groupe arabe », a-t-il ajouté.
« Le groupe arabe a, de son côté, approuvé le projet de résolution tel que élaboré par l’Egypte, y compris les demandes de la levée de l’embargo sur les armes et le renforcement du contrôle imposé à l’acheminement des armes aux milices », a précisé le porte-parole de la diplomatie égyptienne.
L’embargo sur les armes est imposé sur la Libye depuis l’enclenchement, en 2011, de la révolution qui a fait chuter le colonel libyen disparu Mouammar Kadhafi.
Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, avait nié, plus tôt dans la journée du mercredi, les informations rapportés par les médias en vertu desquelles l’Egypteaurait revu à la baisse ses demandes formulées auprès du Conseil de Sécurité après le rejet implicite des forces occidentales de l’appel du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à une intervention internationale en Libye.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra plus tard dans la journée du mercredi une séance qui sera consacrée à l’examen de la situation en Libye, sur demande égypto-libyenne, après la décapitation par l’EIIL de 21 coptes égyptiens en Libye.
Dans une déclaration exclusive faite à Anadolu, Abdelatty a souligné : "Notre demande au Conseil de sécurité est claire et n’a pas changé, à savoir, qu’il assume ses responsabilités conformément à la charte onusienne qui implique la prise de mesures en cas de menaces sur la paix et la sécurité internationales".
"La situation en Libye est effectivement ainsi, et l’Egypte ne demande que l'application du chapitre VII de la Charte des Nations Unies", a-t-il tenu à préciser.
Anticipant la séance du Conseil de sécurité, le président égyptien avait, dans une interview accordée mardi, à la station de radio française "Europe 1", appelé à une intervention en Libye, considérant qu’il "n’y a pas d’autre choix" pour débarrasser ce pays du chaos dans lequel il s'est installé depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011.
Dans ce qui parait comme une réaction à l’appel du président égyptien, les gouvernements allemand, français, britannique, italien, espagnol et américain avaient chacun rendu public un communiqué, mardi soir, où ils appellent à la nécessité d’identifier "une solution politique" sans faire allusion à une probable intervention militaire en cas d’échec des efforts déployés pour un règlement politique.
"L’exécution barbare par des terroristes appartenant à l’EIIL, de 21 citoyens égyptiens en Libye, confirme, de nouveau, la nécessité impérieuse de parvenir à une solution politique du conflit", lit-on notamment dans le communiqué.