AA/Nairobi / Andrew Ross
Le gouvernement kényan a gelé 86 comptes bancaires appartenant à différentes entités et personnes suspectées de financer le terrorisme dans ce pays de l’Afrique de l’Est.
«Nous avons gelé les avoirs d’agences et de personnes suspectes de notre liste» a déclaré, mercredi aux journalistes, la Secrétaire d’Etat à la Défense du Kenya, Raychelle Omamo.
«Ceci n’est pas permanent. Les 86 comptes bancaires et 13 Hawalas [système traditionnel de paiement informel et alternatif] demeureront bloqués jusqu’à ce que le gouvernement clarifie leur situation» a ajouté Omamo.
La ministre kényane a révélé que la liste de "pourvoyeurs de fonds au terrorisme" a été «pour la première fois fournie au gouvernement par des chefs de la communauté du nord-est », ajoutant que les transferts d’argent liquide Hawala – surtout utilisés par la communauté de réfugiés somaliens du quartier de Eastleigh à Nairobi connu sous le nom de «petit Mogadiscio» - ont été suspendus pour une période indéfinie.
«Les mesures prises hier sont totalement conformes au droit international et national, particulièrement la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le financement du terrorisme » a soutenu Omamo.
Jeudi, au moins 151 personnes ont été tuées, en majorité des étudiants, dans une attaque du groupe terroriste al-Shabab contre l’Université de Garissa, dans le nord du Kenya, tandis que des dizaines d’autres ont été blessées.
Le Kenya a déployé, pour la première fois, ses soldats en Somalie en 2011, à la suite de l’enlèvement de touristes étrangers par al-Shabab, et subit depuis des représailles du groupe armé connu pour être affilié à al-Qaïda.
En 2013, des membres d’al-Shabab avaient mené une attaque meurtrière contre un centre commercial de Nairobi et tué 67 personnes.
Créé en 2004, le groupe al-Shabab combat ces dernières années le gouvernement somalien dans l’objectif notamment d’acquérir et de contrôler un important territoire en Somalie.
Bien qu’il ait été chassé de la capitale somalienne, Mogadiscio, et de la majorité de ses anciens bastions à travers le pays, al-Shabab continue à cibler des responsables gouvernementaux et des soldats étrangers déployés en Somalie et au Kenya.