AA / Benghazi / Mootaz Mejbari
Certains Libyens comptent sur le nouveau Parlement pour sortir leur pays de la crise politique et sécuritaire, tandis que d’autres désespèrent et estiment que ce parlement ne fera pas mieux que son prédécesseur, le Congrès général national (CGN).
Les Libyens ont voté le 25 juin dernier pour élire les membres du nouveau parlement qui recevra le pouvoir, lundi 28 juillet du Congrès national général. Ce dernier est accusé d’être responsable de la dégradation de la situation sécuritaire du pays et de la crise politique aiguë qu’a vécue la Libye durant cette troisième et dernière période transitoire.
Une institutrice libyenne a affirmé à Anadolu : « le nouveau parlement est notre dernière chance pour sortir de la crise », espérant qu’il parvienne à remédier aux « erreurs » de son prédécesseur.
Un activiste de la société civile libyenne, Ibrahim al-Sadek, est, quant à lui, optimiste. Il considère que « les membres de ce parlement ont été élus individuellement en tant qu’indépendants et non pas sur des listes électorales. De ce fait la présence des tiraillements idéologiques sera faible ».
« La raison principale de l’échec du Congrès général national est le conflit partisan et idéologique entre les courants d'obédience islamique et ceux libéraux », a-t-il ajouté.
Al-Sadek considère également que «l’ambiance générale que connaîtra le pays dans les prochains jours sera déterminante pour le succès du nouveau parlement ».
Contrairement à al-Sadek, le médecin Ahmed Belkhir, estime que « le nouveau parlement ne sera pas meilleur que le Congrès », précisant que, selon lui, « le pourcentage de succès de la nouvelle composition ne dépassera pas les 25% ».
«Selon la feuille de route du Congrès général et l’amendement de la déclaration constitutionnelle, la troisième période transitionnelle ne doit pas dépasser les quatre mois. Cette période est insuffisante pour la moindre réalisation, encore moins pour remédier aux crises étouffantes dont souffre le pays», a expliqué le médecin.
D’après le dernier amendement de la déclaration constitutionnelle de 2011, le mandat du nouveau parlement prend fin lorsque l'Autorité constituante achève la rédaction de la future constitution libyenne. Or la période de rédaction de cette constitution a été fixée à quatre mois à partir de la première réunion de l’Autorité.
Le journaliste libyen Imrane al-Gheriyani est du même avis. Il a déclaré que «La plupart des membres du Congrès national se sont portés candidats pour le nouveau parlement et plusieurs d’entre eux ont été élus. Le rendement sera donc à peu près le même ».
La Commission Electorale Suprême en Libye avait annoncé, lundi dernier, les résultats définitifs des élections parlementaires auxquelles un demi-million d’électeurs ont pris part le mois dernier.
Les 1714 postulants avaient été inscrits en tant que candidats indépendants, les listes des partis n'étant pas autorisées selon l'actuelle loi électorale.
Sur un total de 200 sièges au nouveau Parlement, 188 ont été pourvus. Des élections complémentaires seront tenues après la fête de l’Aïd (fin du mois de ramadan) afin de pourvoir les sièges encore vacants, d'après la commission électorale.