AA – Strasbourg – Naz Altinsoy
Les Tatars de Crimée saisiront la Cour européennes des droits de l’homme (CEDH), a affirmé jeudi, le chef des Tatars et membre du Parlement ukrainien, Mustafa Cemil Kirimoglu.
Suite au référendum du rattachement à la Russie du 16 mars, les Tatars de Crimée ont subi de graves pressions et subissent des atteintes à leurs libertés fondamentales, a souligné Kirimoglu.
"Ils nous obligent à avoir le passeport russe. Nous ne pouvons plus résister, car il n’y a pas moyen de trouver un travail sans passeport et on passe pour des étrangers dans notre propre pays. Si vous ne détenez pas de passeport russe, on vous oblige à quitter le territoire tous les trois mois pour y revenir après, comme c’est le cas pour tous les étrangers", a-t-il expliqué. La liberté de religion est également restreinte, a ajouté Kirimoglu, qui a fait part de plusieurs attaques contre des mosquées et madrasas.
Il y a deux jours, un groupe qui s’est présenté comme membres du Service fédéral de sécurité russe, a affirmé "chercher des terroristes". Les membres de ce groupe se sont emparés de deux ordinateurs dans une madrasa à Simféropol, a-t-il rapporté, ajoutant que des croix gammées sont taguées sur les murs des mosquées.
Des attaques plus sérieuses ont été évitées grâce à la vigilance et à la solidarité du peuple de Crimée, mais un incident peut survenir à tout moment dans la région, s’est-il inquiété.
Kirimoglu a souligné que la Turquie a fait de son mieux pour aider les Criméens au cours de période, précisant toutefois qu'ils avaient besoin de plus de soutien.