Mourad Belhaj
08 Octobre 2019•Mise à jour: 09 Octobre 2019
AA / Londres (Royaume Uni)
Au terme d’un entretien téléphonique entre le premier ministre britannique, Boris Johnson, et la Chancelière allemande, Angela Merkel, une source de Downing Street a déclaré qu’arriver à un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (Brexit), s’avère "pratiquement impossible".
La BBC a rapporté, mardi, citant une source auprès du cabinet du premier ministre (sans la nommer), que Merkel a expliqué qu’un accord dans les termes proposés par Londres est "extrêmement improbable".
Boris Johnson avait, auparavant, fait part à la chancelière allemande des propositions qu’il avait soumises à l’Union Européenne.
La même source a indiqué que Merkel a signifié à son interlocuteur que l’accord ne serait possible que si l’Irlande du Nord demeurait partie prenante à l’Union douanière (de l’UE).
L’Union Européenne avait annoncé, dans un communiqué publié jeudi dernier, son refus des propositions du premier ministre britannique concernant le Brexit, affirmant qu’elles ne pouvaient représenter une base pour un accord entre les deux parties.
Le plan de Johnson propose la sortie de l’Irlande du Nord de l’Union douanière européenne, à l’instar du reste du Royaume Uni, mais concède que les lois européennes continueront à s’appliquer en matière de circulation de biens, notamment agroalimentaires, avec la création d'une "zone de régulation" en Irlande du Nord, à condition que le parlement et l’exécutif irlandais y consentent.
Le communiqué de l’Union Européenne ajoute que "le plan de Johnson ne s’est pas penché sur les problèmes réels nécessitant une solution", insistant sur l’impératif de préserver "l’Accord du Vendredi Saint", signé en 1998 entre la Grande Bretagne, la République irlandaise et des partis d’Irlande du Nord, et qui revêt une importance majeure pour l’économie de l’Île et le marché commun.
Le plan de Johnson avait été auparavant rejeté par le Parti démocratique unioniste, plus grand parti d’Irlande du Nord et actuellement partenaire du gouvernement conservateur à Westminster.
L’Union Européenne a toujours répété qu’un accord qui n’aurait pas le feu vert de Dublin serait inacceptable, indiquant qu’elle ne renégocierait pas le "filet de sécurité irlandais" dans l’accord sur le Brexit avec le Royaume-Uni.
Des responsables du Royaume-Uni et de L’Union Européenne seront appelés à se revoir en marge du prochain sommet Européen, qui se tiendra les 17 et 18 octobre.
Johnson avait auparavant déclaré que son pays quitterait l’Union Européenne le 31 octobre, avec ou sans accord; des déclarations qui se sont heurtées au refus des partis de l’opposition, allant même jusqu’à causer des défections au sein même du parti conservateur.