AA / Rabat / Sara Ait Khorsa
Les rapports entre les autorités marocaines et le mouvement Justice et Bienfaisance se sont envenimés à nouveau, après l'accusation portée par le mouvement contre les autorités d'avoir exclu certains de ses membres de l’organisation du Recensement général de la population et de l'habitat prévu pour septembre prochain, sans donner d’explications officielles.
Le groupe Justice et Bienfaisance (plus grand groupe d'obédience islamisque de l'opposition au Maroc) a publié un communiqué, dont Anadolu a eu copie, pour dénoncer cette exclusion, considérant que «cela fait partie de la politique sélective dont usent les autorités contre le groupe dans le but de réduire sa marge de progression » et que c’est « une punition de citoyens pour leurs positions politiques en dehors du cadre de la justice et de la loi ».
Un des leaders du mouvement Justice et Bienfaisance, Omar Ahrachan, a affirmé, dans une interview exclusive à l’agence Anadolu, que « des membres du groupe ont été admis à la première étape de sélection pour participer au recensement et qu'ils remplissaient toutes les conditions de compétences nécessaires » mais, qu’à son grand étonnement, les autorités marocaines ont « supprimé leurs noms des listes des participants».
« Par cette exclusion injustifiée, les autorités politisent une opération qui est, à l’origine, purement technique», a ajouté Ahrachan..
Le leader considère que «cet acte dénote d’une peur injustifiée des autorités par rapport à la participation de certains des membres de Justice et Bienfaisance au recensement et leur réticence à dévoiler «les données réelles de terrain relatives aux habitants du Maroc avec leurs disparités socio-économiques ».
« Ils appréhendent un contact quotidien et direct de de nos membres avec une large base populaire qui leur permettrait d’acquérir une expérience et des informations précises sur la société marocaine», a ajouté Ahrachane.
Le groupe a appelé dans son communiqué à «l’ouverture d’une enquête sur cette affaire afin d'élucider les raisons motivant cette décision ainsi que des excuses auprès des concernés» relevant que « des agissements pareils altèreront la fiabilité, l’indépendance et la transparence des résultats du recensement».
Aucune réaction officielle à ces accusations n’a été émise par les autorités marocaines jusqu’à 10 :15 GMT.
Le Haut-Commissariat au Plan du Maroc a lancé le sixième Recensement Général de la Population et de l’Habitat, prévu du 1er au 20 septembre 2014, et dont le budget est , selon le Haut-commissaire du plan , Ahmed Hlimi, de 95 millions de dollars, dédiés principalement aux salaires de ceux qui participeront à l'opération de recensement.