Esma Ben Said
18 Août 2017•Mise à jour: 18 Août 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les Etats-Unis ont demandé jeudi au Patron de l'ONU Antonio Guterres d'ouvrir une enquête sous son autorité, sur le meurtre des deux experts de l’ONU tués en mars dernier dans le centre de la RD Congo.
"Le meurtre des experts de l'ONU qui ont risqué leur vie pour aider celle d'autres ne peut s'achever dans une procédure bureaucratique", a pour sa part souligné dans un communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.
Et d’ajouter : "Nous continuons d'avoir besoin d'une enquête complète sous l'autorité du secrétaire général sur les évènements liés à leur mort et une mise en responsabilité des auteurs".
Une demande également formulée par l’Organisation internationale Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Le gouvernement congolais accuse la milice de Kamwina Nsapu d’avoir assassiné l’américain Michael Sharp et la suédoise Zaida Catalan alors que "les forces de sécurité congolaises sont peut-être responsables des assassinats, a déclaré, Ida Swayer, la directrice pour l’Afrique centrale à HRW.
La responsable a appelé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et le conseil de sécurité à mettre en place une enquête onusienne pour "faire toute la lumière" et "aider les autorités américaines et suédoises dans leurs efforts pour constituer des dossiers contre les responsables de ce crime odieux".
Le 25 mai dernier, Kinshasa a rejeté la mise en place de cette enquête qu’il a jugé " inopportun ".
Le chef de la diplomatie congolaise, Leonard She Okitundu avait déclaré face à la presse à Kinshasa que les autorités congolaises "collaborent déjà avec des mécanismes des Nations unies (et) les pays d'origine des deux victimes".
Jeudi dernier, le groupe d’experts de l’ONU affirmait dans un rapport que l’assassinat des deux experts onusiens dans la province du Kasaï-Central (Centre) était un acte "prémédité" qui constitue une "attaque contre le conseil de sécurité" et une violation "grave" du droit international humanitaire.
Les deux experts ont été exécutés par un groupe "hétéroclite d’individus" dont l’identité n’est pas toujours établi, ont souligné les experts soulignant que "certains autres suspects clefs n’ont pas encore été arrêtés" en dépit des éléments de preuve disponibles.
La justice militaire congolaise a quant à elle, ouvert depuis le 5 Juin dernier un procès sur ces meurtres mettant en cause selon elle, 16 suspects (dont 12 en cavale) présentés comme des miliciens Kamwina Nsapu.
La suédoise Zaida Catalan et l’américain Michael Sharp avaient été missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur les violences déclenchées dans les provinces du Kasaï, depuis août 2016. Ces violences ont déjà fait plusieurs centaines de morts et forcé 1.3 millions de personnes à se déplacer, selon l’ONU.