AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
La Banque centrale du Nigéria (CBN) a démenti les informations selon lesquelles elle «finance des activités terroristes » ou qu'elle «connaisse des liens entre ses responsables et l’insurrection de Boko Haram».
« Dans votre lettre, vous avez requis de la CBN des informations concernant des personnes ou des bureaux impliqués dans des opérations de blanchiment d’argent des activités de Boko Haram à travers la CBN et des informations sur la nature exacte et la durée de telles transactions » a déclaré la Banque dans une réponse écrite à des requêtes d’importants groupes de défense des droits.
«Nous souhaitons vous informer qu’après avoir enquêté sur ces allégations à travers différents départements de la banque qui gèrent les paiements, la CBN n’a trouvé aucune information se rapportant à l’implication de personnes dans du blanchiment d’argent à travers la banque pour financer les activités de Boko Haram » a affirmé la CBN dans sa déclaration écrite.
Se fondant sur la loi nigériane de la Liberté d’information, qui permet aux citoyens de demander des informations sur toute question tant qu’elle ne nuit pas à la sécurité nationale, une ONG locale, le Socio-Economic Rights and Accountability Project (SERAP), a envoyé un courrier à la CBN pour lui demander des informations concernant un présumé financement d’activités terroristes.
Un négociateur pour la libération d’otages de nationalité australo-britannique, Stephen Davis, a récemment affirmé que des commandants du groupe armé extrémistes lui avaient révélé avoir obtenu un financement à travers des responsables de la CBN.
Davis a également expliqué que les commandants lui avaient confié que la banque maintenait un compte par lequel les insurgés pouvaient obtenir des fonds.
Les déclarations du négociateur avaient alors provoqué une onde de choc à travers tout le Nigéria.
Dans sa lettre au SERAP, datée du 16 octobre, dont Anadolu a reçu copie, la CBN a cependant catégoriquement rejeté ces informations.
« La CBN en tant que banque du gouvernement fédéral ne maintient que des comptes pour et au nom du gouvernement, de ses ministres, de ses départements et agences, de banques de dépôt et d’autres institutions financières au Nigéria ; et la CNB ne peut effectuer de paiements qu’en leurs noms en se basant sur des mandats autorisés » a répliqué la CBN aux accusations.
«Par conséquent, la CBN ne maintient et ne gère aucun compte pour des individus, des responsables ou des bureaux à l’intérieur de la Banque» a conclu la banque centrale.
Des demandes de commentaires, par Anadolu, adressées au Directeur exécutif de la CBN sont restées sans réponse.
Il est encore difficile de déterminer si le SERAP va retirer une plainte récemment déposée à l’encontre de la Banque centrale qui n’avait initialement pas voulu répondre à ses questions, en accord avec la Loi sur la Liberté d’information.
Environ six millions de personnes ont été déplacées à travers la région du nord-est du Nigéria où le Boko Haram mène, depuis cinq ans, une sanglante insurrection.
L’organisation classée «terroriste» par les Nations Unies est également accusée de plusieurs attaques contre des lieux de culte, des institutions gouvernementales et de l’enlèvement de centaines de personnes, dont environ 276 lycéennes, en avril dernier.