AA/ Katanga(RDC)/Héritier Maila
La conférence-débat prévue mercredi par les partis de l’opposition au Katanga(province du sud de la RDC), dans le cadre d'un franc-parler face au peuple du sud a finalement été interdite par les autorités locales qui ont évoqué « des raisons sécuritaires ».
La Conférence annoncée depuis plus d’une semaine devait marquer le retour sur la scène politique des partis de l’opposition établis à Lubumbashi (chef-lieu de la province de Katanga), soit une dizaine de partis.
Raymond Muyumba, considéré comme le Doyen de l’opposition au Katanga devait faire une intervention lors de la conférence. Il a précisé à Anadolu que celle-ci devait, notamment, «porter sur les questions d’actualité comme le découpage territorial et le calendrier électoral».
«Je suis étonné que les autorités évoquent des questions sécuritaires (pour interdire la conférence). Je ne vois aucun mal à organiser une telle conférence-débat étant donné que la liberté d’expression est garantie par la Constitution. La loi stipule qu’on doit, juste, informer les autorités avant d’organiser une manifestation politique et c’est ce qui a été fait. En plus la radio publique a annoncé l’évènement depuis une semaine et je me demande pourquoi attendre la dernière minute pour interdire la manifestation, pour ma part je n’y voit qu’une intention à savoir celle de nuire à l’opposition», a-t-il, encore, confié à Anadolu.
L’actuel porte-parole de l’opposition au Kantaga, Eddy Tshipeng, qui devait assurer la modération de la conférence estime, pour sa part que « la crainte des autorités est injustifiée étant donné que l’opposition politique congolaise use de moyens pacifiques pour s’exprimer, on ne doit, en effet pas faire de confusion entre l’opposition et le mouvement y en a marre ou balai citoyen».
Se disant «étonné que la conférence de l’opposition soit interdite par les autorités», Tshipeng a, en outre, déclaré à Anadolu: «Nous avons beaucoup de choses à dire à notre peuple, notamment, le pourquoi du découpage territorial et les raisons pour lesquelles nous appelons la Commission électorale nationale indépendante «Ceni» de commencer par l’organisation d’élections législatives et présidentielle avant celles locales ».
Contacté par Anadolu le Maire de la ville n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.
Une source de la mairie a cependant déclaré à Anadolu sous couvert d'anonymat: « Actuellement aucun rassemblement n’est autorisé dans les grandes villes. Ce n’est pas une question de sécurité mais une mesure préventive visant à maintenir l’ordre public quand on sait ce qui s’est passé dernièrement à Kinshasa avec les activistes Sénégalais et Burkinabé ».
Ces derniers ont tenu une réunion non autorisée à l'occasion du lancement officiel du mouvement social Filimbi, opposé à un nouveau madat pour le président Joseph Kabila. Ce qui entraîné des arrestations et une large indignation de plusieurs Organisations des droits de l'Homme.
Des propos qui corroborent ceux tenus par Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et chef de file la majorité présidentielle lors de la plénière de l’assemblée mercredi qui a affirmé: « Nous tenons à ce que le calme règne en RDC. Nous avons eu des informations que le mouvement des activistes enclenché à Kinshasa devrait se répercuter au Nord-Kivu (à Goma) et au Katanga précisément dans les villes de Lubumbashi et Kolwezi».
Dans ce climat, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social «Udps» principal parti de l’opposition dit "craindre le pire". L'Udps souligne, en effet, dans un communiqué diffusé aujourd’hui et dont Anadolu a eu copie: «L’Udps plaide pour le maintien de La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo «Monusco» et suggère aussi que la mission onusienne soit, réellement, impliquée dans les prochaines élections».