AA/ Goma (RDC)/ Tshieke Bukasa
Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies en République Démocratique du Congo, Martin Köbler, a annoncé, mercredi, le début "imminent" des opérations de désarmement forcé des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) en RDC.
« C’est fini. Il n’y aura plus de négociation avec les FDLR, le processus de désarmement volontaire ayant échoué. Nous n’avons plus d’autre choix que l’option militaire. Nous avions besoin de bien préparer ces attaques pour épargner les civils» a déclaré à la presse le chef de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco), à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Nord-Est).
Les combattants FDLR avaient une échéance de grâce de six mois accordée par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) pour leur reddition et démobilisation complètes et inconditionnelles, à la date-butoir du 2 janvier. Le 6 janvier, l'ONU annonçait déjà, dans un communiqué, qu'elle lancerait des opérations militaires contre cette milice.
Les préparatifs de ces attaques imminentes de la coalition Casques bleus - Forces armées de la RDC (FARDC) sont "très avancées" selon le diplomate qui a confirmé, concernant le lancement de ces opérations, "l'unanimité de l’ensemble des partenaires de la RDC", dont le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies, la CIRGL et la SADC.
Dans le cadre de la lutte contre les activités des FDLR perpétrées contre les populations civiles, des troupes d’intervention rapide des FARDC, soutenues par les Casques bleus de la force de la Monusco, ont été déployées, vendredi, dans la région de Mabenga, à 80 kilomètres au Nord de Goma, et libéré 4 personnes kidnappées par les rebelles rwandais.
Invité au sommet de l’Union Africaine s’ouvrant, mercredi, à Addis-Abeba, Köbler va informer ses interlocuteurs, vendredi prochain, sur la situation des FDLR en RDC.
« Nous avons une image très claire de ce tableau et sommes impatients de commencer les opérations. On combat les combattants FDLR, non les civils, pas les Hutus congolais…» a martelé le patron de la Monusco, qui appuie le processus de désarmement, démobilisation et rapatriement exigé par Kinshasa.
Présents sur le sol congolais depuis 1994 à la suite du génocide rwandais dont ils assument une part de "responsabilité" selon Kigali, ces anciens miliciens « Interahamwes », aujourd’hui FDLR, sont estimés entre 1500 et 2000 combattants. A ce jour, seuls 300 environ de ces hutus se sont rendus et ont accepté d’être conduits dans les centres de transit, avant leur rapatriement au Rwanda, les autres invoquent l'absence de garanties liées à un procès juste et équitable au Rwanda, accusation rejetée par Kigali.