AA / Tunis / Aied Amira
La mosquée Adam, située dans la Cité des Journalistes, dans le district d’El Ghazela, à l’Ariana, au Nord de Tunis, a été fermée par les autorités tunisiennes.
Ce lieu de culte a été touché par la décision prise par le gouvernement tunisien, visant à fermer les mosquées construites sans autorisation jusqu'au règlement de leur statut juridique.
La mosquée Adam a ainsi été fermée à la suite de l’intervention des forces de sécurité, et les fidèles en sont arrivés à prier sur un espace vert, devant le portail fermé du lieu de culte où 500 fidèles prient habituellement, dans les 650 m2 de la mosquée.
L’imam de la mosquée, Mustafa Adouani a déclaré à Anadolu : «Voyez notre situation et celle des Musulmans. Nous sommes victimes du terrorisme. Cette décision est le résultat direct des attentats terroristes qui ont eu lieu en Tunisie, en particulier le dernier celui du Bardo. Nous prions à l’extérieur, à cause des idées perverties de ces terroristes ».
Les autorités tunisiennes ont affirmé lundi dans un communiqué, que 187 mosquées construites après la révolution sans autorisation ont été repérées. Elles ont appelé les responsables de ces lieux de culte à contacter le ministère des Affaires religieuses au plus tard 6 Avril, soulignant qu'elles prendront toutes les mesures nécessaires contre les contrevenants.
Le ministère des Affaires religieuses a déclaré avoir récupéré, depuis des mois, en collaboration avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice 149 mosquées, hors de contrôle, et dont les imams tenaient un discours extrémiste «takfiriste» (anathème). Les autorités justifient cette initiative par la nécessité de «tarir les sources du terrorisme».
«La mosquée Adam a été fermée après la prière du vendredi, avant la date de fermeture officielle prévue pour le lundi 6 Avril», affirme cependant l’imam Mustafa Adouani à Anadolu. «Nous sommes obligés de prier en plein air, devant une mosquée aux portes closes», regrette-t-il.
Soulignant «la nécessité d'accélérer l'examen du dossier de la mosquée», dont la seule pièce manquante, concerne, selon lui, «le changement de statut du terrain qui devrait passer de celui d’espace vert, à celui de mosquée dépendant du ministère des Affaires religieuses».
L’imam a affirmé que les habitants du quartier ont convenu avant la révolution de la construction de cette mosquée à cet endroit, un espace vert, qui était, à ses dires «un foyer du vice et de la corruption ». Adouani a précisé que «les habitants ont décidé de construire une mosquée en ces lieux pour protéger leurs enfants», ajoutant que «la construction de l’édifice est à 80% achevée».
Mais la fermeture n’est pas définitive, indique le ministère des Affaires religieuses, qui a informé les superviseurs de cette mosquée et de bien d'autres de la nécessité de compléter les dossiers afférents à la construction et à l’exploitation des lieux, pour les rouvrir à nouveau.