Yosra Ouanes
06 Novembre 2021•Mise à jour: 06 Novembre 2021
AA/Tunis
Le mouvement tunisien « Ennahdha » a exprimé, samedi, sa « solidarité » avec l’ex-président du pays, Moncef Marzouki, après que les autorités tunisiennes ont émis un mandat d’amener international à son encontre.
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par la formation politique d’obédience islamique, dont l’Agence Anadolu a obtenu copie.
Un tribunal tunisien avait émis, jeudi, un mandat d'amener international contre l’ancien président de la République, Mohamed Moncef Marzouki, actuellement à l'extérieur du pays, sur fond de ses déclarations portant sur l'échec de la tenue en Tunisie du Sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Le mouvement « Ennahdha » a dénoncé « les procédures lancées à l’encontre de Marzouki en raison de ses prises de position contre le coup d'État, dont les dernières en date étaient le retrait de son passeport diplomatique et l’émission d’un mandat d’amener international à son encontre, sans égard à la réputation du pays ».
Le parti d’obédience islamique a souligné qu'il « se tient aux côtés des parlementaires et des citoyens, dont les libertés ont été violées par des arrestations ou des comparutions devant des tribunaux militaires, et soutient le droit des médias à exercer leur travail en toute liberté et dans le respect de la loi ».
« Ennahdha » a également demandé « à mettre fin à ces pratiques dont nous nous sommes débarrassées par la révolution et que le coup d'État cherche à ressusciter », appelant « les partisans de la liberté et de la démocratie à y faire face », lit-on de même source.
Le mouvement politique, a également exprimé « sa solidarité avec le pouvoir judiciaire et ses instances représentatives, notamment le Conseil supérieur de la magistrature, dans leur défense de l'indépendance de la justice et de la primauté de la loi ».
La procédure lancée à l'encontre de Marzouki est intervenue à la suite de déclarations faites par l’ancien président à la chaîne « France 24 », dans lesquelles il « se vantait des efforts qu'il a déployés pour faire échouer la tenue du Sommet, en réaction aux mesures d'exception annoncées par Saïed au mois de juillet dernier.
La Tunisie est en proie, depuis le 25 juillet dernier, à une crise politique aiguë. Le président Kaïs Saïed avait pris, le soir du 25 juillet, une série de mesures d'exception, portant notamment suspension des travaux du Parlement et levée de l'immunité dont bénéficiaient les députés.
Il avait également abrogé l’Instance de contrôle de la constitutionnalité des lois et décidé de légiférer par voie de décrets présidentiels, de même qu'il a limogé de son poste le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi.
La majorité des forces politiques tunisiennes rejette les décisions de Saïed, qu'elle considère comme étant « un coup d'Etat contre la Constitution », tandis que d'autres partis les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une « restauration du processus de la Révolution » de 2011, qui avait déposé le régime de l'ancien président, Zine El-Abidine Ben Ali.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail