AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Une délégation parlementaire française a rencontré mercredi le président syrien Bachar al-Assad à Damas, en Syrie, premier entretien diplomatique de haut niveau entre la Syrie et la France depuis 2012, date de l'interruption des relations diplomatiques entre les deux pays.
La délégation comprenant le député Jacques Myard (Union pour un Mouvement Populaire, UMP), le sénateur UMP Jean-Pierre Vial, le député du Parti socialiste (PS) Gérard Bapt et le sénateur François Zochetto (Union des Démocrates et Indépendants, UDI), a rencontré Assad durant ''plus d'une heure'', a fait savoir Myard. Ce député qui est aussi le vice-président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale française, a fait savoir que l'entretien ''s'est très bien passé'' sans pourtant préciser les détails des échanges. ''Nous ferons un rapport à qui de droit'', a-t-il ajouté.
Le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères français se sont dissociés de la visite de la délégation parlementaire en Syrie, affirmant qu'il s'agit d'une "visite personnelle". A l'issue de la réunion du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que la rencontre n'est ''en aucun cas officielle et diplomatique de la France'' mais ''une initiative personnelle de parlementaires''.
''Il s'agit d'une initiative de parlementaires qui, conformément au principe de la séparation des pouvoirs, n'a pas été décidée en concertation avec le ministère des Affaires étrangères et du développement international'', a noté de son côté Alexandre Giorgini, porte-parole adjoint du ministère.
Myard, député-maire des Yvelines (ouest de Paris), s'était montré réticent à livrer des armes à l'opposition syrienne craignant une décision comportant ''des risques majeurs pour l'équilibre instable de la poudrière du Proche et Moyen-Orient''.
Le député avait par ailleurs déclaré en décembre dernier lors d'un débat parlementaire, ''on s’acharne à dire que les droits de l’homme sont bafoués par le régime Assad'' tout en affirmant que c'est un ''gouvernement qui a été légitimement élu''.
Dans une interview accordée au magazine français Paris Match en décembre 2014, Assad avait assené, ''je ne suis ni l’ennemi personnel ni le rival de [François] Hollande''.