Bilal Müftüoğlu
25 Avril 2016•Mise à jour: 25 Avril 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'Europe pourrait être touchée par l'épidémie liée au virus Zika dès cet été, ont averti lundi les professionnels de la santé réunis à Paris dans le cadre d'un colloque international sur l'épidémie recensée chez plus d'1,5 million de personnes en Amérique latine.
Avec l'arrivée en Europe de la saison des moustiques, "la possibilité d'une transmission locale combinée à de probables transmissions par voie sexuelle pourrait se traduire par une augmentation importante du nombre de personnes infectées par Zika et de complications", a averti Marie-Paule Kieny, assistante du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans son discours d'inauguration au colloque qui se tient actuellement à l'Institut Pasteur à Paris.
Lors de l'inauguration du colloque, Duane Gubler, professeur adjoint à Global Health Institute de Duke University a renchéri pour sa part, soulignant que l'Antarctique est la seule région épargnée du risque de la transmission des Flavivirus, la famille des virus transmis par les moustiques, dont le virus Zika, le virus de la dengue ou encore le virus de la fièvre jaune.
De nombreux cas de Zika pourraient être détectés cet été en France en particulier, notamment dans les régions où sont présents les moustiques tigres, selon Gubler. Actuellement, 20 départements français, dont la plupart situés dans le sud, sont placés en vigilance face à une progression du moustique.
La France est "prête" à affronter le virus Zika lors de l'Euro 2016, le tournoi de football pour lequel des centaines de milliers de visiteurs européens sont attendus en juin, a noté pour sa part le Directeur général de la santé Benoît Vallet.
Le risque d'une transmission en Europe, bien réelle également pour Christian Bréchot, Directeur général de l'Institut Pasteur, ne signifierait pourtant pas un "drame" ou la flambée d'une épidémie. Les conditions climatiques, les conditions locales et les conditions d'hygiène favorables à la propagation du virus en Amérique latine, "ne sont pas réunies du tout dans le sud de l'Europe", a estimé Bréchot dans une interview pour la chaîne d'info BFM TV.
Outre le risque de transmission en Europe, la responsable de l'OMS a fait savoir que les essais cliniques pour les candidats vaccins commenceront "avant la fin de l'année". L'OMS a mis en priorité de son côté 5 actions pour lutter contre le virus, a-t-elle ajouté, à savoir, la recherche de la cause, le risque pour les femmes enceinte, la transmission sexuelle et encore le contrôle du vecteur.