Muhammed Yasin Güngör
14 Septembre 2026•Mise à jour: 14 Septembre 2026
Google commencera à déployer au Canada des systèmes d’apprentissage automatique destinés à détecter les utilisateurs mineurs et à leur appliquer par défaut des mesures de protection de la vie privée, a annoncé lundi l’entreprise.
« Certains souhaiteraient un système qui impose un arbitre universel de l’âge, mais nous estimons que la responsabilité incombe à chaque propriétaire de service, développeur, éditeur ou créateur d’application, car ce sont eux qui connaissent le mieux leurs utilisateurs et leurs services », a écrit Jeanette Patell, directrice des affaires gouvernementales et des politiques publiques de Google Canada, dans un billet publié sur le blog officiel du groupe.
Selon elle, l’architecture du dispositif a été conçue « dans le respect de la vie privée des utilisateurs ».
Les algorithmes analyseront les signaux déjà associés aux comptes, comme l’historique des recherches Google et les habitudes de visionnage sur YouTube, afin d’estimer si une personne est âgée de moins de 18 ans, sans collecter de nouvelles données.
Lorsqu’un utilisateur sera identifié comme mineur, son compte bénéficiera automatiquement de plusieurs mesures de protection, notamment la désactivation de l’historique des positions dans Google Maps, la suppression des publicités personnalisées, l’interdiction de télécharger des contenus réservés aux adultes sur la boutique d’applications Google Play ainsi que l’activation de rappels automatiques invitant à faire une pause sur YouTube.
Les utilisateurs identifiés à tort comme mineurs pourront contester cette classification en transmettant un selfie ou la photographie d’une pièce d’identité officielle.
Le système vise à limiter au maximum la collecte de données et à éviter que les plateformes ne partagent « inutilement des informations détaillées sur les utilisateurs avec les applications et les sites internet », a précisé Jeanette Patell.
Ce déploiement intervient après l’adoption de mesures similaires par le groupe américain Meta, qui a étendu ses systèmes automatisés afin de faire basculer les comptes des adolescents canadiens vers des paramètres plus restrictifs.
Cette annonce survient également alors que les parlementaires canadiens examinent le projet de loi C-34, dit « Loi sur la sécurité des médias sociaux », un texte fédéral qui obligerait les plateformes en ligne à restreindre les comptes des moins de 16 ans en l’absence de garanties de sécurité suffisantes.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy