AA – Istanbul – Abdullah Uçar, Sabanur Rye, Şeyma Arslan
La pandémie de nouveau coronavirus, qui a débuté à la fin de l'année, a achevé son quatrième mois dans le monde et le deuxième mois en Turquie.
Le nombre des cas confirmés de contamination a atteint 4 millions de personnes à l'échelle globale, et le nombre de décès a atteint 300 000.
Cela signifie 7 décès pour 100 cas. Dans les pays européens et aux États-Unis, la pandémie a été beaucoup plus grave que prévue : 5 personnes décédées sur 10 sont originaires d'Europe et 3 des États-Unis. [1] Parmi les pays européens, la Belgique est leader en nombre de décès pour 100 mille habitants et la France en nombre de décès par cas. En Italie et en Espagne, qui sont les premiers pays où l'épidémie est observée en Europe, le nombre de décès figure dans le top 5 du classement mondial. Le nombre de décès le plus élevé se trouve au Royaume-Uni, qui a tardé à prendre des mesures sanitaires et sociales.
Contrairement à leur niveau de développement, ces pays sont, selon les chiffres disponibles, les plus touchés par l'épidémie, où le système de santé est le plus sollicité, et ces pays sont devenus les nouveaux foyers de la pandémie.
Des calculs scientifiques, des études de modélisation et des publications par des universités et des organisations réputées prédisaient un nombre très élevé de décès et de cas, et il semble que ces estimations aient été correctes concernant l'Europe et les États-Unis.
Dans cette situation chaotique, les pays dont les systèmes de santé sont principalement basés sur le secteur privé, se focalisent même à calculer comment ils couvriront les frais de soin et de décès des patients Covid-19, et à qui et comment ils les factureront.
- La performance de la Turquie dans la lutte contre la pandémie
La situation en Turquie est bien meilleure que dans beaucoup d'autres pays européens et que les États-Unis. La gestion de la crise du nouveau coronavirus par de la Turquie, est prometteuse et exemplaire. Le nombre des décès est inférieur à 4 000. Le taux de mortalité pour 100 000 habitants est de 4,43. Ce taux de la Turquie est 17 fois plus faible qu'en en Belgique, 12 fois moindre qu'en Espagne et 10 fois moins important que celui du Royaume-Uni.
Alors que seulement 3 personnes infectées par le Covid-19 sur 100 en Turquie sont mortes, à titre comparatif, 18 cas sur 100 sont décédés en France.
Après avoir connu un pic dans de nombreux pays, la pandémie de nouveau coronavirus à commencé à se résorber. Les pays cherchent actuellement des moyens de revenir à la normale et élaborent des feuilles de route pour assouplir les mesures restrictives, et relancer leur économie fragilisée.
Par ailleurs, les gouvernements sont conscients que l'épidémie n'est pas terminée, qu'elle n'a été maîtrisée que dans une certaine mesure, et qu'il n'y a pas encore de solution permanente, de disparition de la maladie.
L'observation des faits cités ci-dessus, soulève une question : quels sont les points clés de la réussite turque dans la gestion de la pandémie, par rapport aux autres pays européens?
- Des approches différentes en Europe dans la lutte contre le nouveau coronavirus
Chaque pays a développé sa propre stratégie de combat pour contrôler l'épidémie de Covid-19. Dans ce processus, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les expériences des pays qui ont connu l'épidémie avant les autres, l'analyse, les rapports et les conseils scientifiques, les universités et les instituts de recherche, ont guidé les décisions des personnes responsables de gérer la situation sanitaire, sociale et économique.
Les mesures développées se sont d'abord basées sur des mesures basiques de gestion des épidémies : sensibilisation du public, lavage des mains, distance sociale, dépistage, mise en quarantaine de la population à risque, isolement des patients, par exemple.
Il n'y a pas de vérités et de normes absolues concernant l'ordre ou les combinaisons de ces mesures. Par conséquent, les pays ont développé leurs propres modèles de lutte en fonction de leurs structures sociales et culturelles, de leurs capacités de système sanitaire, des caractéristiques géographiques, de la mobilité de la population, et des modes d'administration publique.
Dans l'évaluation de la manière dont les pays gèrent l'épidémie, les mesures prises, le temps nécessaire pour prendre ces mesures, le degré de leur mise en œuvre, de leur portée et de leur durée, sont les premiers facteurs à examiner.
- La Turquie : un modèle dans la lutte contre la pandémie de Covid-19
Par exemple, certains pays ont commencé à prendre des précautions après avoir vu le premier cas, et d'autres après que l'augmentation du cas est devenue évidente. Dans certains pays, les mesures se sont concentrées sur l'ensemble de la communauté et dans d'autres uniquement sur les groupes et régions à risque. En Turquie, le couvre-feu pour la population de moins de 20 ans et de plus de 65 ans était l'une des mesures contre les groupes à risque.
Avec un système développé à l'Université d'Oxford (OxCGRT), les mesures prises par les pays sont enregistrées en fonction de leur date de mise en œuvre et de leur niveau. L'indice de rigueur est calculé pour chaque pays. [2] Ce score montre à quel point les mesures anti-Covid-19 des pays sont (ou ne sont pas) strictes, et garantit par des critères communs, que les performances des pays soient comparées en lumière de ceux-là.
Cet indice démontre clairement la bonne gestion de la crise par la Turquie, qui a su agir plus rapidement que de nombreux autres pays. La restriction des vols avec les pays à risque et les campagnes de sensibilisation sociale fructueuses, ont été significativement efficaces dans ce processus.
Toutes les mesures ont été prises au tout début du processus, sous la direction du Conseil scientifique du coronavirus, créé le 10 janvier.
Un guide de terrain a été préparé jusqu'à la découverte du premier cas. Les algorithmes de test, d'isolement et de traitement ont été régulièrement mis à jour avec ce guide au fil du temps.
Après que les cas ont commencé à apparaître, de nombreuses autres mesures ont été prises rapidement dans la dimension sociale. Compte tenu de tout cela, la Turquie a su agir de manière proactive la gestion de l'épidémie.
- Atouts de la Turquie dans la gestion de la crise
En évaluant ce processus, on peut dire que la prise de précautions précoces a retardé la survenue des cas, et le fait de voir les cas tard en Turquie, par rapport à de nombreux pays, a permis de gagner du temps pour se préparer à l'épidémie, planifier et renforcer les mesures.
On note également, le manque notable de réussite dans les gestions italienne, espagnole, britannique et française, de la pandémie de nouveau coronavirus, ayant pris du retard dans leurs décisions, et ne disposant pas nécessairement d'infrastructures sanitaires et sociales capables d'affronter de telles situations.
Les experts en santé publique insistent sur le fait que la lutte contre l'épidémie est possible non seulement avec les infrastructures et le personnel de santé, mais aussi avec les mesures à prendre au niveau communautaire, ainsi qu'avec les bonnes pratiques de dépistage, d'isolement et de surveillance.
Le respect par la communauté de ces mesures et pratiques, est un élément important de la lutte contre l'épidémie.
Parmi les principaux facteurs qui déterminent le succès de la gestion des épidémies dans les pays, la prise de précautions appropriées et nécessaires au bon moment, la mise en œuvre efficace d'un plan, et l'adaptation du fonctionnement de la société, apparaissent comme des facteurs clés.
En Turquie, l'épidémie a commencé relativement tard en comparaison à d'autres pays, et l'utilisation efficace du temps écoulé jusqu'à l'observation du premier cas de contamination par le nouveau coronavirus, a permis de prendre les précautions de façon précoce.
Bien que le taux d'augmentation des cas ait été élevé dans les premiers jours de pandémie en Turquie, l'utilisation des technologies de l'information pour améliorer la qualité des études de dépistage et de filiation des cas, et le travail dévoué des travailleurs de toutes les institutions de santé, ont permis de mettre à jour constamment le guide de terrain et à augmenter la capacité de test à travers le pays en peu de temps.
La Turquie a su assurer la durabilité de toutes ses ressources sanitaires afin de maîtriser l'épidémie. Simultanément, la société a su continuer à s'adapter à toutes les mesures prises pour endiguer l'épidémie.
- Quelques atouts culturels clés de la Turquie dans la lutte contre le Covid-19
Aucun pays n'a réussi à mettre totalement fin à l'épidémie et sa résurgence n'est certainement pas exclue.
Le taux de réussite des pays est déterminé par leur vitesse de réaction à l'épidémie ainsi que par les taux de mortalité.
Ces deux facteurs sont, eux-mêmes, déterminés par des facteurs tels que le nombre de travailleurs de la santé, la capacité en lits de réanimation, la prestation de services de santé de base, et la couverture de l'assurance maladie.
Parmi les points forts de la Turquie, figurent notamment le dévouement des travailleurs de la santé, la capacité à activer rapidement un plan sanitaire et social de lutte contre la crise, l'infrastructure de santé, l'inclusivité du système d'assurance maladie, et l'existence d'un État conscient de son rôle social.
Une autre des caractéristiques communes des pays à faible taux de mortalité, est le dépistage massif des cas.
Dans ce contexte, la culture enracinée de la santé publique en Turquie et le travail efficace de filiation de la maladie, ont joué un rôle clé dans le contrôle de l'épidémie.
Outre le sacrifice des professionnels de santé, la culture de solidarité dans la société turque est également l'un des facteurs les plus importants ayant permis au pays de 83 millions d'habitants, de faire face à ce traumatisme.
La tradition dans la culture turque, de prise en charge des personnes âgées, malades, ou isolées ainsi que des personnes dans le besoin, a permis à la société d'affronter cette crise, dans la solidarité.
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