Hatice Şenses Kurukız,Emrah Güney
28 Décembre 2015•Mise à jour: 29 Décembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a repoussé toute idée de débat autour de l’unité de la Turquie, en référence à son entretien annulé avec les représentants du Parti Démocratique des Peuples (HDP).
Davutoglu a tenu une conférence de presse, lundi, avant son départ pour une visite officielle en Serbie.
Il est longuement revenu sur les travaux concernant la rédaction d’une nouvelle constitution pour la Turquie.
«Je peux débattre avec tout le monde du projet de constitution, mais l'unité de la Turquie, n'est pas un sujet de débat», a-t-il dit.
Le Premier ministre turc avait proposé de rencontrer les chefs des partis de l’opposition représentés au parlement turc. Alors que les dates avaient été fixées après une réponse favorable des concernés, certains propos des dirigeants du HDP ont poussé Davutoglu à annuler son entretien avec ce parti.
«Sans même parler des questions politiques, les propos irrespectueux des membres du HDP envers une personne qui va les rencontrer dans quelques jours sont inacceptables. Ce serait manquer de respect à ma fonction que de les rencontrer», a déclaré le Premier ministre.
Le député d’Ankara du HDP, Sirri Sureyya Onder avait fait cette déclaration à la presse: «Le Premier ministre viendra boire notre thé de contrebande et il repartira».
«Si leurs intentions ne sont pas de débattre sérieusement de la nouvelle constitution et s'ils préfèrent défendre ceux qui creusent des tranchées et construisent des barricades dans le Sud-est, alors nous n’avons rien à nous dire», a commenté Davutoglu.
«Nous ne rédigeons pas le scénario d’un film, notre pays est entouré par le feu, des centaines de nos soldats et policiers sont tombés en martyrs, qu’ils aillent boire leur thé au Mont Kandil [Nord de l’Irak où se trouvent les chefs du PKK].»
«Je suis prêt à débattre de tous les sujets, mais pas du sang de nos soldats qui combattent le terrorisme là où des tranchées sont creusées et des barricades installées, a-t-il encore dit. Ils mettent leur vie en danger pour protéger nos enfants et nos concitoyens."
Le chef du gouvernement s’est exprimé au sujet des autres rencontres qu’il va réaliser dans le cadre de la recherche de consensus pour une nouvelle constitution.
Cette semaine et la semaine prochaine, Davutoglu rencontrera les leaders du Parti Républicain du Peuple (CHP) et du Parti d’Action Nationaliste (MHP).
«Je rencontrerais Monsieur Kemal Kilicdaroglu (CHP) et Monsieur Devlet Bahceli (MHP) sans aucun préjugé", a-t-il expliqué.
"Nous devons tous ensemble préparer une constitution basée sur les libertés. Le système présidentiel est le plus juste à nos yeux. Il ne faut pas avoir une vision conjoncturelle, la constitution que nous allons rédiger doit ancrer la bonne gouvernance même pour 50 ans après", a-t-il souligné.
Davutoglu a ajouté que, même si le Parti pour la Justice et le développement (AK Parti) avait le nombre de députés suffisant pour adopter seul, une nouvelle constitution (au moins 376 sur 550), il aurait privilégié le dialogue et la recherche de consensus avec les autres partis.
Pour Davutoglu, ce serait une erreur de mettre des conditions basées sur une analyse conjoncturelle, avant de conclure en indiquant que son objectif est de rédiger une nouvelle constitution plus démocratique, plus participative, plus moderne et respectueuse de la séparation des pouvoirs.