Bilal Müftüoğlu
04 Octobre 2015•Mise à jour: 05 Octobre 2015
AA - Strasbourg - Bilal Muftuoglu
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé dimanche à "éradiquer le terrorisme" aux urnes, lors des prochaines élections législatives du 1er novembre.
Erdogan s'est exprimé devant quelque 15 000 Turcs issus de la diaspora établie en France, mais aussi en Belgique, Allemagne, Suisse et Autriche, venus tous au Zénith de Strasbourg, dans le cadre de la rencontre citoyenne, intitulée "Des Millions de Voix Unies Ensemble Contre Le Terrorisme".
S'adressant aux membres de la diaspora turque, "qui vivent en Europe avec leur corps" mais qui sont les "locaux" de la Turquie, "avec tout leur cœur", Erdogan a lancé un appel pour un taux de participation très élevé lors des élections, pour contrer "la menace terroriste".
"La différence, cette fois-ci, c'est que nous combattons, non seulement les terroristes mais le terrorisme dans son état d'origine. On lutte contre le terrorisme et non pas contre mes frères kurdes. L'organisation terroriste et le parti politique qui se joint à ses côtés, ne sont nullement le représentant des Kurdes", a-t-il noté lors de l'évènement organisé par l'Union des démocrates turco-européens (UETD).
"Le danger essentiel ne vient pas des actes de l'organisation terroriste", a tranché Erdogan, qu'il l'estime "en mesure de surmonter", et "continuera à y faire".
"Le grand danger, c'est l'atteinte contre la fraternité de mille ans et l'unité de notre peuple", a-t-il estimé. Et d'ajouter: "Il faut que nous élevions tous ensemble la voix contre le terrorisme. C'est ainsi que nous aurons, non seulement une Turquie plus sûre, mais aussi une Europe et un monde beaucoup plus sûrs".
Répondant par ailleurs aux critiques sur son intervention en tant que président lors de la campagne électorale, Erdogan s'est dit "contraint" de "faire asseoir la volonté nationale" face au terrorisme.
- "La Turquie accueille les réfugiés non pas pour faire joli mais pour accomplir sa tâche humanitaire"
Abordant aussi la question du flux migratoire, qui touche à la fois la Turquie et l'Europe, Erdogan s'est insurgé contre le refus de certains Etats membres de l'Union européenne (UE) d'accepter les réfugiés de confession musulmane.
"Certains pays européens disent qu'ils ne veulent pas de musulmans. En revanche, nous avons accepté tous les yézidis et tous les Chrétiens d'Irak, car nous ne recourons pas aux réflexions discriminatoires", a-t-il indiqué.
Erdogan s'est aussi montré critique du faible financement international pour l'accueil des réfugiés en Turquie, qui atteint 419 millions de dollars, contre 7 milliards de dollars déjà débloqués par le gouvernement turc.
"Y a-t-il aucune mention [des réfugiés] dans la Convention des droits de l'homme? Pourquoi a-t-on fondé l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés? A quoi sert-elle?", s'est interrogé le président turc.
"S'il s'agit tout simplement d'une question d'argent, pourquoi ne pas financer l'accueil des réfugiés? Pourquoi les laisser dans la misère en Méditerranée?" a-t-il renchéri.
Finalement, revenant à cet effet sur les Turcs, qui sont eux aussi d'origine migrante dans les pays européens, Erdogan a affirmé qu'ils ne sont plus "des immigrés ou des réfugiés".
"Vous êtes les Turcs d'Europe. Apprenez la culture de votre pays d'adoption mais aussi celle de la Turquie. N'oubliez jamais vos origines", a-t-il conclu.
Le président turc est prévu de se rendre à Bruxelles dans la soirée, où il rencontrera, entre autres, le roi Philippe de Belgique, le président du Parlement européen, Martin Schulz, le président du Conseil européen, Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.