Enes Kaplan,Tuncay Çakmak,Saida Charafeddine
06 Avril 2016•Mise à jour: 07 Avril 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, estime que Bachar al-Assad doit être poursuivi devant la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas).
Le Président Erdogan s’est exprimé, mercredi, devant une assemblée de maires de villages et de quartiers venant de différentes provinces de la Turquie et a commenté l’actualité turque et internationale.
Erdogan a soutenu que le président syrien est responsable de trop nombreux massacres et crimes de guerre dans son pays, et pour cette raison il doit être suivi par la justice internationale.
"Le nombre des victimes syriennes touchées par des armes conventionnelles est de 500 000. Que les armes soient conventionnelles ou chimiques, il n'y a aucune différence si le résultat est la mort. Ne devons-nous pas envoyer à La Haye [CPI] ce tyran [Bachar al-Assad]? Mails il peut toujours voyager sans crainte et ses représentants sont écoutés à l'ONU", a-t-il déploré.
Le Président turc a également critiqué le soutien de Moscou à al-Assad et l’inaction de la communauté internationale, en particulier celle du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
«C’est pour cette raison que je dis toujours que le monde est plus grand que cinq [allusion aux 5 membres permanents du Conseil de Sécurité, ndlr]. Le destin de 198 pays est soumis à la volonté de ces cinq pays. Pas un seul pays musulman parmi eux alors que le monde compe 1,7 milliard de musulmans, est-ce ça la justice ?» , s'est-il interrogé.
Pour Erdogan, le Conseil de Sécurité ne doit plus être composé de cinq membres permanents et de 15 non permanents. Il doit être composé de 20 membres permanents ayant les mêmes droits.
Le Chef de l’Etat est, par ailleurs, revenu sur le combat contre le terrorisme.
Il a rappelé la détermination «sans faille» de la Turquie a mettre fin au terrorisme et à éliminer chaque terroriste armé.
«Nous n’avons qu’un seul Etat, la République de Turquie. D’un côté il y a ceux qui veulent former un Etat parallèle et de l’autre il y a ceux qui veulent diviser notre pays», a-t-il dit.
Erdogan s’est attardé longuement sur les travaux de déminage qui se poursuivent dans le sud-est de la Turquie, dans les villes et districts où le PKK s’était sérieusement retranché.
«Malheureusement, ces derniers temps, la majorité de nos martyrs sont victimes de l’explosion de bombes placées par les terroristes. Ce travail est donc essentiel», a-t-il rappelé.
Erdogan a ensuite développé les mesures de restauration et de reconstruction que le gouvernement met en place dans les villes nettoyées de la présence terroriste.
«C’est l’honneur et le devoir de l’Etat que de reconstruire les maisons détruites et de subvenir aux besoins de nos concitoyens de la région», a-t-il encore dit.