Enes Kaplan,Ayvaz Çolakoğlu
11 Janvier 2018•Mise à jour: 11 Janvier 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Chaque semaine on en élimine entre 50 et 100 [terroristes]. Ils seront éliminés, ils n'ont pas d'autres issues. Nous allons finir le travail, il ne restera plus un seul terroriste dans ce pays" a lancé le président Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait sur la lutte contre le terrorisme menée par la Turquie.
Erdogan a prononcé, jeudi, un discours à l'occasion d'une réunion des maires de proximités qui s'est déroulée au palais présidentiel à Ankara.
Il a une nouvelle fois insisté sur la capacité de dissimulation des membres du FETO précisant qu'il arrivait parfois que les propres parents des personnes inculpées ne soient pas au courant des agissements de leurs enfants.
"Parfois des mamans viennent et déclarent "Mon fils est innocent, c'est un saint". S'il est vraiment innocent on le relâche, c'est ce qui se passe. Cela veut dire que ton enfant a été piégé à un moment ou un autre et que tu ne t'en es pas rendue compte. Car ils possèdent une étonnante capacité à t'endormir, à t'injecter de la morphine. On peut s'attendre à tout de leur part (FETO)" a t-il relevé.
Par la suite, sur un ton véhément, il a mis en garde "ceux" qui tentent de mettre en place un corridor de la terreur dans le Nord de la Syrie.
"Alors que nos sensibilités sont connues, notre patience se réduit face à l'insistance de certains qui cherchent à construire un corridor de terrorisme sous notre nez. La raison qui nous a poussés à attendre autant, c'était notre espoir de résoudre la question par la voie diplomatique, dans la compréhension mutuelle. Mais au point où nous en sommes arrivés, nous constatons que ces voies se referment et qu'il ne nous reste plus qu'une seule solution" a t-il lancé, donnant ainsi le signal d'une possible intervention militaire.
Erdogan a d'ailleurs longuement insisté sur la grande sensibilité de son pays sur cette question.
"Ceux qui entreprennent de créer un Etat dans le nord de la Syrie doivent savoir qu'ils échoueront, ces territoires font partie du “Misak-ı Milli” (Pacte national datant de 1920). Nous ferons tout ce qui est nécessaire. Que personne ne tente de créer un pays dans cette région" a t-il martelé.
Il a également appelé les pays occidentaux à changer leurs comportements envers la Turquie et à assumer leurs responsabilités face aux développements dans la région du Moyen-Orient, faisant également référence à l'afflux de réfugiés dont la Turquie endosse seule la charge.
"La Turquie, n'est pas un pays que l'on peut instrumentaliser à des fins de politiques intérieures. La Turquie n'est pas un pays que la politique incohérente menée par les Etats-Unis dans la région peut bloquer. La Turquie n'est pas non plus le pays qui sera obligé de payer le prix de l'attitude stérile de l'UE face aux développements dans notre région"
Et Erdogan de poursuivre :
"Nous sommes un pays qui est parvenu à rester debout malgré les vautours, attroupés aux quatre coins, qui tentent depuis 200 ans, de nous morceler. Dorénavant, vous avez face à vous un peuple qui, de son président à son maire de quartier, se focalisent sur les objectifs de 2023, 2053 et 2071. Désormais, ils ont face à eux une Turquie grande et puissante" a t-il conclu.