Selen Temizer
25 Novembre 2015•Mise à jour: 26 Novembre 2015
AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Russie qui avait déjà violé l'espace aérien turc en octobre dernier, avait présenté ses excuses et promis de ne pas répéter cet acte, qui s'est tout de même répété mardi 24 novembre.
Dans le cadre des règles d'engagement, deux avions de combat turcs F-16 ont interpellé un avion de combat russe de type SU-24, mardi, qui a violé l'espace aérien turc à la frontière syrienne, et ignoré les dix avertissements lancés par les autorités en l'espace de cinq minutes. L'avion revendiqué par la Russie, a été abattu et a chuté dans la région de Bayirbucak en Syrie. Pour sa part, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a confirmé que l'avion a bien violé l'espace aérien turc.
Les normes de droit international accordent le droit aux Etats de protéger leur espace aérien. Selon ces normes, un Etat peut répliquer de toutes les manières contre un avion qui insiste sur la violation de son espace aérien.
La Turquie agit dans le cadre de ces règles d'engagement, sans différencier la nationalité ou l'origine de l'agresseur. D'autant que dans le cas présent, l'avion avait déguisé sa nationalité. La Russie l'avait revendiqué par la suite.
Ainsi, la Turquie avait abattu un hélicoptère syrien le 16 septembre 2013, et un avion de combat de type MIG, encore syrien, le 23 mars 2014, qui avaient violé son espace aérien. En outre, un appareil syrien qui avait commis le même acte, avait été abattu le 16 mai 2015.
Pour sa part, la Russie avait elle aussi violé les frontières turques les 3 et 4 octobre 2015. Elle s'en était expliquée d'abord par les conditions climatiques, puis par "les efforts pour se débarasser des verroux de radar". Une délégation russe s'était rendue à Ankara, capitale turque, pour expliquer la situation et présenter des excuses, assurant que cet acte n'allait plus se reproduire. En revanche, la Turquie avait noté qu'elle appliquera les règles d'engagement dans ce cas-là.
La Russie n'a pas tenu compte des avertissements de la Turquie et a poursuivi de violer les frontières de plusieurs pays membres de l'OTAN à plusieurs reprises, à savoir l'Estonie, le Danemark et la Pologne.
L'OTAN a confirmé les informations partagées par la Turquie sur la violation dont elle a été l'objet.
Les avertissements faits à la Russie par l'OTAN en compagnie des Etats-Unis découlent du fait que les raids aériens menés par la Russie visent les civils et les groupes modérés qui luttent contre al-Assad.
Les raids russes se focalisent sur la région de Bayirbucak ces trois dernières semaines. Cette région est dominée par les groupes modérés turkmènes, et non pas par Daech ou d'autres groupes terroristes.