AA – Londres – Bilal Muftuoglu
‘’La Turquie attire l’attention de la Grande Bretagne et des Etats-Unis en raison de sa position stratégique entre l’Europe et l’Asie ainsi que sa proximité des zones de conflit’’ a déclaré, Professeur Peter Sommer, Expert en cyber sécurité et preuves numériques, lors de son entretien avec l’Agence Anadolu (AA).
La mise sur écoute de la Turquie n’est pas un phénomène récent, selon l’expert.
Les révélations d’Edward Snowden sont ‘’inquiétantes’’ car elles prouvent que les Etats-Unis et la Grande Bretagne détiennent des moyens techniques ‘’plus avancés que l’on croyait’’, a ajouté Sommer.
La situation actuelle est aussi problématique pour ces deux pays qu’elle l’est pour les pays mis sur écoute car la Grande Bretagne et les Etats-Unis ont besoin ‘’de la coopération de leurs alliés ainsi que de leurs partenaires’’.
Richard Aldrich, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Warwick (Grande Bretagne), a rappelé qu’il n’existe pas de services secrets ‘’amis’’ mais uniquement les services secrets ‘’des pays amis’’. Même parmi les services secrets qui coopèrent sur plusieurs sujets, comme celui des Etas-Unis (NSA) et de la Grande Bretagne (GCHQ), tout renseignement n’est pas ‘’partagé’’, selon Aldrich.
‘’Il est important que vous sachiez si vos alliés peuvent confronter vos objectifs politiques ou économiques’’, a ajouté Aldrich.
A l’égard de la mise sur écoute de la Turquie par les Etats-Unis, Aldrich a souligné qu’une grande partie des activités d’espionnage étaient liées à la Russie ou au Moyen-Orient.
‘’Pourtant, les Etats-Unis ont également suivi de près certaines actualités en Turquie’’, a noté Aldrich.
‘’Les gouvernements britannique et américain essayent d’empêcher la diffusion de prochaines révélations similaires à celles de Snowden mais ils ne savent pas comment s’attaquer au problème’’, a conclu le maître de conférences.
Universitaire à London School of Economics (LSE) en relations internationales, Chris Brown a mis l’accent sur le fait que la Turquie n’est pas exclue des échanges de renseignement en donnant l’exemple du soutien américain à l’armée turque dans le but d’identifier les positions de l’organisation terroriste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
La revue allemande Der Spiegel, avait publié la semaine dernière une partie des documents révélés par Edward Snowden concernant la Turquie selon laquelle la NSA coopérerait avec la Turquie sur la lutte anti-PKK dans le cadre de l’OTAN alors qu’elle mettait sur écoute plusieurs institutions nationales telles que le gouvernement, l’armée, les agents des services secrets, les ministères ainsi que les compagnies énergétiques.