Ecenur Çolak,Nur Asena GÜLSOY
25 Avril 2017•Mise à jour: 26 Avril 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
La Turquie devra réviser ses relations avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qui a décidé de la mettre sous surveillance.
Le ministère turc des Affaires étrangères a diffusé un communiqué, mardi, qualifiant «d'injuste» la décision de l'Assemblée parlementaire de mettre le pays sous surveillance, considérant que la mesure a été prise «en dehors des procédures normales, et pour des motifs politiques».
«La décision a négligé le dialogue et la coopération sincères et constructifs entre la Turquie et le Conseil de l'Europe, après la tentative de coup d'État terroriste, a affirmé le ministère. Cette situation contraindra Ankara à réviser ses relations avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.»
Le ministère a rappelé que la Turquie engagée dans le processus de dialogue, lutte simultanément contre les organisations terroristes PKK, FETO et Daech, prend des mesures proportionnées contre les menaces visant son ordre constitutionnel et l'existence de la nation, tout en restant fidèle aux obligations internationales, ce qui est d'ailleurs un devoir fondamental et un droit légitime de l'État.
Notant que la Turquie accueille également plus de 3,2 millions de réfugiés, le ministère a ajouté qu'il ne faut pas oublier que le pays contribue à la stabilité et à la sécurité de l'Europe et de ses voisins.
Ainsi, le ministère a appelé les parlementaires du Conseil de l'Europe qui ont pris la décision, à «adopter une approche saine, à prendre des mesures communes pour lutter contre le terrorisme qui menace le monde entier, à lutter contre la xénophobie, le racisme et l'islamophobie, et à assumer une responsabilité en faveur des droits de l'Homme, quant à la gestion de la migration».
Pour la diplomatie turque, cette décision néglige les contributions de la Turquie à la stabilité et à la sécurité de l'Europe.
«La décision de mise sous surveillance de notre pays qui défend les idéaux et valeurs modernes de l'Europe, suite aux scénarios de certains milieux au sein de l'Assemblée parlementaire, n'est pas digne de cette institution qui se veut le berceau de la démocratie, d'après le ministère. […] Cette décision, influencée par des approches populistes qui prônent l'islamophobie et la xénophobie, prise par un groupe d'Européens qui agissent par des motifs politiques étroits et superficiels, qui discrimine et marginalise notre pays, est une opération politique.»
Le ministère a estimé que la décision servira aux organisations terroristes comme FETO qui menacent non seulement la Turquie mais aussi le système et les valeurs de l'Europe.
Ainsi, la diplomatie turque a réaffirmé la détermination de la Turquie à développer les droits et libertés de ses citoyens, en restant fidèle aux standards démocratiques, aux droits de l'Homme et à ses responsabilités internationales dans ces domaines, malgré la décision injuste, politique et partiale de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe.