AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Président de la Commission parlementaire turque des Affaires extérieures ainsi que du groupe d'amitié parlementaire turco-américain, l'ambassadeur Volkan Bozkir, a exprimé sa déception concernant l'attitude des Etats-Unis et de la communauté internationale concernant la crise à Gaza, suite à la demande faite par le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan.
Volkan Bozkir envoyé une lettre en guise de réponse aux présidents adjoints du groupe d'amitié du Congrès américain, Steve Cohen, Ed Whitfield, Virginia Fox et Gerald Connolly.
"Nous sommes déçus du silence et de l'inaction de la communauté internationale et des Etats-Unis, pays ami et allié, face aux attaques d'Israël à Gaza qui relèvent du terrorisme d'Etat", a affirmé l'ambassadeur Bozkir dans sa lettre.
Après avoir souligné l'importance des relations turco-américaines, Volkan Bozkir a commenté l'opération d'Israël à Gaza.
Rappelant que le Secrétaire général des Nations Unies (ONU) avait qualifié ces attaques de "crimes de guerre", Volkan Bozkir a déclaré: "c'est honteux pour l'humanité que ceux qui soutiennent cette attaque appellent au massacre et même au viol et au génocide. (...) Le plus honteux, c'est le silence des pays qui se veulent les pionniers du monde moderne et libre."
Le Premier ministre Erdogan ne peut pas être qualifié d' "anti-Israélien" ou "antisémite", souligne Bozkir. "Notre Premier ministre et nos membres du gouvernement ont tous affirmé, tant au plan national que mondial, que l'anti-sémitisme est un crime contre l'humanité et que chacun devrait combattre", a-t-il poursuivi.
"Nous vous conseillons d'appeler Israël à abandonner ses politiques de destruction et d'invasion, au lieu d'étouffer les critiques légitimes qui le visent, a expliqué l'ambassadeur turc. Ce serait la réaction la plus forte possible contre l'antisémitisme. La Turquie a toujours soutenu les initiatives contribuant au processus de paix au Moyen-Orient et a exhorté les parties à appliquer la solution de deux Etats. Mais elle a aussi toujours critiqué les politiques erronées et inhumaines des gouvernements israéliens. Si la communauté internationale, et surtout les Etats-Unis, avaient réagi de cette même façon au début, la Palestine et Israël seraient en paix en ce moment."
Volkan Bozkir a conclu: "si les amis d'Israël souhaitent lui rendre service, ils doivent l'appeler à respecter le droit international et les droits de l'Homme."
Les quatre présidents adjoints du groupe d'amitié turco-américain du Congrès avaient envoyé une lettre à Erdogan le 29 juillet. La lettre critiquait la politique d'Erdogan vers Israël et le qualifiait d' "antisémite".