Hatice Şenses Kurukız,Ayşe Betül Gedikoğlu
28 Février 2016•Mise à jour: 28 Février 2016
AA - Istanbul - Ayse Betul Gedikoglu
Recep Tayyip Erdogan, Président de la République de Turquie a dénoncé la décision de la Cour Constitutionnelle qui a libéré les deux journalistes turcs, Can Dundar et Erdem Gul, accusés de "trahison" pour avoir publié, dans le journal Cumhuriyet des documents classés «secrets d’Etat» dans l’affaire des «camions du MIT (renseignement turc).»
Erdogan a tenu, dimanche, une conférence de presse, à l'aéroport Ataturk d'Istanbul, où il a répondu aux questions des journalistes, juste avant son départ en Côte d’Ivoire.
"Je dois l'indiquer clairement, a-t-il dit. Cette affaire n’a aucun rapport avec la liberté d’expression. Il s’agit là, d’une affaire d’espionnage. »
"Nous devons percevoir clairement certaines vérités, a-t-il lancé. Selon moi, la presse ne peut disposer d'une liberté sans limite. On n'accorde nulle part au monde, une liberté illimitée à la presse. Dans les articles en question, il y a une attaque aux missions du Premier ministre et du Président turcs [actuel]. Nous ne pouvons être neutres face aux attaques et mensonges proférés par des membres de la presse, contre de hauts responsables de l'Etat [ en référence au président turc et au premier ministre turc]."
Erdogan s’est notamment prononcé sur la décision de la Cour Constitutionnelle de Turquie qui a statué à une «violation» des droits de Can Dundar et Erdem Gul.
"La Cour Constitutionnelle a pu prendre cette décision. Je ne peux que garder le silence, à l'égard de celle-ci. Je ne suis pas en mesure de l'accepter, [...] et je ne la respecte pas. Il ne s'agit pas là d'une sentence d'acquittement mais d'une ordonnance de mise en liberté", a-t-il indiqué.
Erdogan a rappelé les 13-14 dernières années passées au gouvernement et a affirmé: "Ces années ont été celles qui ont porté la liberté d’expression à son plus haut niveau en Turquie."
"Je suis pour la liberté d'expression et de pensée. Mais je ne suis pas pour que la Turquie soit attaquée sous prétexte de liberté d'expression et de pensée. Car ceci est un acte d’espionnage. Pourquoi ? Parce que dans aucun pays, les organisations de renseignements ne peuvent être soumises tranquillement aux interventions d’un quelconque procureur."a-t-il ajouté.
Erdogan a par ailleurs, affirmé que les craintes d’une partition de la Syrie est notamment présente en Turquie, comme c’est le cas dans le monde entier.
« Cette crainte est présente chez tout le monde, et chez nous aussi, a-t-il dit. Car certains soutiennent le corridor que le PYD et le YPG veulent mettre en place dans le nord de la Syrie. [...] Nous avons déjà précisé que la Turquie ne permettrait pas la mise en place d'un tel corridor, car la présence d'un tel corridor de terroristes constituera un risque permanent pour la Turquie. Nous avons fait part aux forces de la coalition de notre position sur la question."