AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
"Le processus de résolution n'est pas un processus de négociation. Ce n'est absolument pas un ensemble de concessions'', a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, à l'égard de la question kurde.
S'exprimant mardi au Palais présidentiel à Ankara, à l'occasion de la réunion des maires des villages, Erdogan a commenté l'évolution du processus de résolution de la question kurde et la récente reprise de Kobané, ville frontalière au nord de la Syrie, par les forces kurdes et l'Armée syrienne libre, suite à l'expulsion de l'EIIL.
Le président turc a affirmé que le processus ''n'est sans doute pas facile'', dès lors que ''plusieurs milieux tant à l'intérieur du pays qu'à l'international souhaitent l'entraver ou le ralentir''.
'''Comment peut-on affaiblir la Turquie en plein essor', 'une forte Turquie ne doit jamais exister', voilà ce dont ils se soucient uniquement. Mais nous leur disons en échange 'une nouvelle Turquie, une forte Turquie''', a martelé Erdogan.
Ces milieux sont par ailleurs, a dit le président turc, sous l'influence d'un ''esprit supérieur'',qui cherche à mener des activités contre la Turquie. Il a souligné à cet égard: ''Nous ne permettrons pas qu'un esprit supérieur ou ses pions établissent l'orientation de ce pays''.
''Nous ne permettrons aucune avancée qui entacherait la mémoire de nos martyrs et la conscience de nos vétérans.", a-t-il poursuivi.
D'autre part, abordant la récente libération de la ville majoritairement kurde de Kobané des mains des éléments terroristes, Erdogan a déploré que la communauté internationale ne prête pas la même attention à d'autres régions fragiles du monde. ''Aucun pays ne bouge le petit doigt pour éradiquer la pauvreté, l'instabilité en Somalie et pour y assurer la sécurité. Mais le monde entier s'agite dès que Kobané est en question. Le monde entier coopère pour un tout petit village'', s'est insurgé le président turc.
Il a par ailleurs précisé ''ceux qui la [Kobané] quittent viennent chez nous, 200 000 personnes. Nous les avons déjà accueilli ici''. Le président s'est de suite interrogé sur l'avenir de la ville gravement touchée par les hostilités entre les militants de l'EIIL et les forces kurdes depuis septembre dernier.
''Qui reconstruira ces endroits qu'on a bombardés? Personne ne pense à l'avenir'', a-t-il regretté.