AA / Le Caire / Hajer Eldusuki
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré, mercredi, que Ankara offre tout ce qui est en son possible pour éviter la chute de la ville de Ayn al-Arab (Kobané), à majorité, située dans le Nord de la Syrie à proximité des frontières avec la Turquie, aux mains de l’EIIL.
Au cours d’une interview livrée, mercredi soir, à la chaîne de télévision satellitaire qatarie « al-Jazeera », Davutoglu a souligné : « Nous ne souhaitons pas la chute de Kobané et nous offrons tout ce qui est en notre possible pour qu’elle ne tombe pas mais personne n’est en droit de faire assumer la responsabilité à la Turquie, dès lors que Ankara n’est pas responsable de la crise en Syrie et tout le monde doit y contribuer ».
Et Davutoglu de poursuivre: « Si vous ne souhaitez pas la chute de Kobané, il faut éviter de transférer le conflit à d’autres régions…ils demandent d’éviter la chute de Ayn al-Arab mais ou étaient-ils lorsque la province de Reqqa (Nord de la Syrie) était tombée, ou étaient-ils lorsque la ville de Mossoul (Nord de l’Irak) avait chuté ».
Et le Premier ministre de s’interroger: « Ou est la responsabilité de l’armée irakienne qui a délaissé Mossoul, il n’est pas juste de lier la question à Ayn al-Arab ou à une seule zone ? ».
Il a, par ailleurs, appelé ceux qui demandent à la Turquie de sauver Ayn al-Arab « d’exposer une stratégie de solution et de nous éclaircir comment pourraient-ils faire face aux vagues de réfugiés en cas d’intervention ».
Au sujet du mandat accordé par le parlement turc au gouvernement pour intervenir en Irak et en Syrie, Davutoglu a souligné : « Nous avons obtenu un mandat du Parlement en tant que mesure à titre préventif afin de protéger la sécurité de la Turquie si un danger viendrait à la menacer et nous n’hésiterons jamais à recourir à ce mandat si notre sécurité est mise en jeu ».
En réponse à une question sur la possibilité d’intervenir sans recourir à la Coalition internationale contre l’EIIL conduite par les USA, Davutoglu a répliqué : « Evidemment, en cas de l’existence d’une menace aussi minime soit-elle contre la sécurité de la Turquie, nous n’hésiterons pas à intervenir ».
« Comme nous avons riposté contre le survol d’avions syriens qui ont violé l’espace aérien turc, et fait chuter un hélicoptère et un avion de combat, la Turquie n’hésitera pas un instant à prendre une pareille mesure coercitive », a-t-il martelé.
« Des instructions ont été adressées aux formes armés à ce sujet », a-t-il précisé.
« Si des opérations secouent la Syrie et qu’elles ne représentent pas de menace direct pour la Turquie, nous préférons dans ce cas-là se mobilier en compagnie de la Communauté internationale parallèlement à l’aménagement de zones sécurisées et d’une zone d’exclusion aérienne », a fait observer le Premier ministre turc.
Davutoglu a réclamé une « vision stratégique aux contours clairs à ce sujet et non pas de simples déclarations destinés à la consommation ou à apaiser l’opinion publique uniquement ».
Evoquant l’Iran (principal allié du Régime de Bachar al-Assad en Syrie), Davutoglu a appelé Téhéran à « user de son influence auprès du Régime de Damas pour le convaincre de stopper l’effusion du sang de son peuple » afin de résoudre la crise syrienne enclenchée depuis mars 2011.
« Nous n’accepterons jamais d’établir des relations ou de conférer une légitimité au Régime de Damas qui a opprimé nos frères syriens sans clémence, qui les a déplacés et tuer les parents des enfants syriens innocents, la Turquie a soutenu et soutiendra constamment le peuple syrien », a-t-il encore plaidé.