Esin Işık
23 Décembre 2015•Mise à jour: 23 Décembre 2015
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Seul le départ du président syrien Bachar al-Assad en faveur d'un gouvernement légitime, apportera la solution au conflit en Syrie, a déclaré le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement s’exprimait devant le groupe du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), mardi au Parlement.
"La décision prise par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies est importante pour une résolution diplomatique de la crise en Syrie mais n'offre aucune perspective pour protéger le peuple syrien des crimes commis par le régime d'al-Assad. Seul, le départ d'al-Assad en faveur d'un gouvernement légitime apportera la solution au conflit en Syrie," a-t-il affirmé.
Il a, à ce propos, rappelé que la Russie a bombardé les civils syriens dans le centre ville d'Idleb, tout de suite après la décision de l'ONU sur la Syrie.
S'dressant à la Russie, Davutoglu a demandé :"Quelle est la cause de votre présence en Syrie? Pourquoi vos opérations aériennes prennent pour cible à 90% les civils et les opposants modérés?"
"Depuis que la Russie est entrée en Syrie, le 30 septembre 2015, en prétendant lutter contre le Daech, elle a effectué près de 4 000 frappes aériennes, dont 91% ont été dirigées vers les opposants modérés. Ceci a renforcé la position de Daech dans la région", a-t-il poursuivi.
Davutoglu, s'est exprimé, par ailleurs, sur les dernières évolutions concernant la normalisation entre la Turquie et Israël.
"La Turquie avait suspendu ses relations avec Israël, suite à l'affaire de 'Mavi Marmara', en 2010, et avait posé trois conditions préalables au processus de normalisation [Israël doit présenter des excuses à la Turquie, les victimes civiles de la flottille de Marmara doivent être indemnisées, le blocus israélien sur Gaza doit être levé]. En 2013, le premier ministre israélien avait présenté ses excuses à la Turquie. Aujourd'hui, nous enregistrons des avancées positives mais il n’est pas encore question d'un accord entre la Turquie et Israël. Notre position n'a jamais changé, nous attendons encore que les trois conditions soient toutes réalisées," a rappelé Davutoglu.
Il a également souligné que son entretien récent avec le président du Bureau politique du mouvement palestinien Hamas, Khaled Mechaal, a été l'occasion d'affirmer une nouvelle fois que la Turquie apportera toujours son soutien à ses frères palestiniens quelques soient les conditions.
Davutoglu s'est, par ailleurs, interrogé sur la visite prévue prochainement, en Russie, du co-président du Parti Démocratique des Peuples, Selahattin Demirtas.
"Les dirigeants du HDP vont prochainement aller à Moscou. La Turquie est un pays libre où chacun est libre d'aller où il veut. Il n'y a aucun problème là dessus. Mais pourquoi n'y sont-ils pas allés deux mois ou un an auparavant ? Pourquoi ont-ils pris la décision de faire cette visite au moment même où la Turquie est en crise avec la Russie à cause de l'incident de l'avion russe abattu pour avoir violé l'espace aérien turc ?"
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a annoncé que le Sommet Union Européenne-Turquie, a permis d'établir de grandes avancées concernant le processus d'adhésion de la Turquie.
Il a ainsi rappelé que le 17ème chapitre des négociations intitulé "Les politiques économiques et financières" a été récemment ouvert après trois ans et demi d'attente.
A propos de l'économie turque qui a affiché un taux de croissance de 3,8% et 4%, respectivement au deuxième et troisième trimestres de l'année 2015, Davutoglu a précisé que la Turquie fait partie des pays qui présentent la plus grande vitesse de croissance.