Hatice Özdemir,Sultan Çoğalan
27 Février 2016•Mise à jour: 28 Février 2016
AA - Bingol (Turquie) - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a déclaré "ne pas être effrayé par les menaces proférées par l'organisation terroriste du PKK de lancer une nouvelle série d'attaques dans les autres régions de la Turquie".
Le chef de gouvernement s'exprimait en marge d'une cérémonie d'inauguration de 18 complexes dans la province de Bingol, dans l'Est du pays, samedi.
"Ils [les terroristes du PKK] menacent maintenant de lancer une nouvelle série d'actes terroristes dans les autres provinces comme Bingol et Van [Est], comme cela avait été le cas à Cizre, Sur et Silopi [province de Sirnak, Sud-est] au printemps", a-t-il déclaré.
"Nul n'est en mesure de nous effrayer", a-t-il assuré.
Davutoglu a, par ailleurs, critiqué le PKK pour sa coopération avec le régime syrien du président Bachar al-Assad.
"Ils ont nui au calme et à la paix en Turquie et dans la région. Le seul responsable de la suspension du processus de résolution sont ceux qui n'ont pas pu abandonner les armes, qui ont transformé les provinces turques en des entrepôts d'armes en 2014, 2015 et 2016, malgré la promesse faite en mars 2013 de les abandonner", a-t-il insisté
Le processus de résolution avait été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste".
Le gouvernement avait promis d'engager des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde. Le PKK s'était engagé pour sa part à abandonner les armes. Mais il a repris ses actes violents à partir de l'été 2016. Le processus de résolution a été suspendu depuis.
Le Premier ministre a rendu hommage à la mémoire de l'ancien Chef du gouvernement Necmettin Erbakan, décédé en 2011.
Necmettin Erbakan est aussi l'un des acteurs du processus de 28 février 1997 en Turquie.
Cette période est baptisée coup d'Etat "post-moderne", faisant référence à la décision en 18 points prise par le Conseil de sécurité nationale contre la réaction politique. Le Parti de la Prospérité de Necmettin Erbakan avait été dissous et des dirigeants, dont Erbakan, avaient été interdits de tout exercice de la politique pendant une période de cinq ans.
Ce processus a provoqué le licenciement de milliers de gens, particulièrement, les femmes voilées et des étudiants ont dû quitter les universités. Quinze ans plus tard, ce processus a été sujet à un procès.
La première audience du procès avait eu lieu le 2 septembre 2013. Cent trois suspects étaient accusés de "coopération pour renverser par force le gouvernement de la République de Turquie". Le procès se poursuit toujours.