AA/ Dakar/Yazid Bamse
Les échanges commerciaux entre le Sénégal et la Turquie ont évolué ces dernières années au point d’atteindre la somme de 30 millions usd par an, selon le président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar, qui croit, toutefois, que le Sénégal devrait accroître ses exportations vers la Turquie.
« Les relations commerciales se portent bien, mais on peut mieux faire, car du point de vue des importations de la Turquie les choses ont beaucoup évolué. Nous sommes passés en 5 ans de 4 milliards cfa (7,6 millions usd) d’importations à près de 20 milliards (30 millions usd) aujourd’hui. Par contre les exportations vers la Turquie sont restées à des niveaux extrêmement faibles. Notre souci est d’équilibrer notre balance avec la Turquie”, a expliqué à Anadolu, Mamadou Lamine Niang, président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar .
Selon Niang, ce bond demeure la conséquence directe d’un certain nombre de missions d’affaires qui ont été effectuées au Sénégal par des hommes d’affaires turcs.
« Nous avons reçu trois à quatre délégations turques au Sénégal. Le gouvernement turc a fait des efforts en invitant des opérateurs économiques sénégalais en Turquie. Ces échanges de délégation ont permis aux uns et autres de cerner les besoins des deux côtés. C’est cela qui a boosté les relations commerciales », admet-il .
Le Sénégal importe de la Turquie essentiellement des produits textiles, alimentaires tels que du lait, des biscuits, de la farine, des outillages et du matériel agricoles et exportons essentiellement des produits de la mer. « Notre souci aujourd’hui est de diversifier notre offre d’exportation vers la Turquie », espère Niang.
« Le marché turc est un marché très avide de mangues, par exemple, alors qu' aujourd’hui les manges arrivent en Turquie de l'Asie et n’ont absolument pas la qualité des mangues sénégalaises. C’est une grande opportunité pour le Sénégal », a-t-il argumenté.
Toujours dans le but d’équilibrer la balance commerciale entre les deux pays, Niang a formulé l’espoir de voir des entrepreneurs turcs dans le textile venir confectionner au Sénégal et réexporter vers leur pays.
Interrogé sur la spécificité du partenariat avec la Turquie par rapport à d’autres pays traditionnellement présents en Afrique, Niang a mis en exergue la focalisation turque sur les infrastructures et cité comme exemple le Centre International de Conférence de Diamniadio (CICD) qui a été réalisé au Sénégal par des Turcs sur financement d’une banque turque (exximbank).
« Je sais que d’autres projets avec la Turquie sont en cours notamment au niveau du Port de Dakar. Il y a aujourd’hui dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE), des projets extrêmement importants. La réalisation de ces programmes va donner un caractère nouveau à la relation entre les deux pays et qui feront que des entreprises turques vont s’implanter au Sénégal à travers les infrastructures qu’ils vont réaliser » , a-t-il souligné.
Evoquant le 2ème sommet Turquie-Afrique qui vient d’être organisé en Guinée Equatoriale du 19 au 21 novembre, Niang a estimé que l’Afrique a beaucoup à gagner avec la Turquie pour deux raisons.
"La première est que la Turquie prend conscience de l’importance des marchés émergents de l’Afrique. Le deuxième facteur est que nous avons un lien en commun qui est l’Islam. Les Turcs sont très avancés dans la finance islamique alors que les banques sénégalaises sont encore balbutiantes. Nous pouvons apprendre de la Turquie l’utilisation des instruments de la finance islamique. Elle sera d’une aide précieuse".
« L’industrie turque est aussi une industrie de qualité et qui est plus adaptés à nos connaissances et nos pratiques », a-t-il conclu.