Lassaad Ben Ahmed
12 Janvier 2021•Mise à jour: 13 Janvier 2021
AA / Niamey / Kané Illa
L'opposition nigérienne réunie au sein de la "Coalition pour l'alternance en 2020 et 2021" (CAP 20-21) a exigé la reprise des élections municipales, législatives et présidentielle dans plusieurs localités du Niger.
Elle a posé cette exigence dans une déclaration publiée, lundi, lors d'une manifestation publique organisée au Palais des sports de Niamey, en présence de plusieurs dizaines de militants de cette coalition.
Après avoir salué la "forte mobilisation" des Nigériens lors des différentes élections, l'opposition a indiqué que "la fraude a été grossièrement étalée lorsque, dans certaines contrées, les armes à feu avaient été utilisées contre des électeurs et le personnel électoral afin de procéder au bourrage des urnes".
La CAP 20-21 a poursuivi en soutenant que : "De même, la fraude grossière est visible avec les taux anormalement élevé de participation aux élections allant au-delà de 90% dans de nombreux cas dans des zones où en cette période de l’année les éleveurs sont au sud à la recherche de la vaine pâture", ajoutant que "les partisans du régime ont été jusqu’à acheter des cartes d’électeurs pré-compostées à plus de 50.000 FCFA l’unité (100 dollars)".
Accusant la commission électorale nationale indépendante (Ceni) d'être "complice" des "fraudes" opérées, l'opposition a exigé "que les résultats de certaines communes de la région de Tahoua (nord-ouest) et des zones Nord Maradi (centre), Nord Zinder (sud) et Diffa (sud-est) soient simplement annulés et repris sous la surveillance de l’armée".
Sans les citer, l'opposition a aussi exigé l'annulation des résultats de "toutes les zones où les armes à feu ont été utilisées pour fabriquer et imposer de faux résultats", ainsi que ceux "de toutes les localités où des chefs de village ont étés embrigadés pour imposer aux électeurs le vote au profit des candidats du PNDS Tarayya, à la présidentielle comme aux législatives".
Le Niger a organisé le 13 décembre dernier des élections municipales et régionales pour le choix des élus locaux, puis, le 27 décembre, des législatives et le premier tour de la présidentielle pour l'élection des 171 nouveaux députés et le nouveau président de la République.
Selon des résultats globaux provisoires publiés par la commission électorale, c'est l'ancien ministre de l'Intérieur et candidat du principal parti au pouvoir Bazoum Mohamed et l'ancien président de la République, un des candidats de l'opposition, Mahamane Ousmane qui sont qualifiés pour le second tour de la présidentielle prévu pour le 21 février prochain.
La Cour constitutionnelle n'a pas encore validé les résultats du premier tour.