Lassaad Ben Ahmed
11 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Quelque 807 violations graves à l’encontre des enfants ont été recensées au cours du premier trimestre 2018 en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l’ONU dans un compte rendu publié mercredi à Kinshasa.
Ces violations varient de l’utilisation des mineurs par des groupes armés jusqu’au meurtre, passant par les violences physiques, sexuelles et psychiques, a détaillé le document.
"Durant le premier trimestre de l’année, la (…) Monusco a vérifié 807 violations graves commises à l’encontre des enfants. Deux tiers des incidents se sont produits dans la province du Nord-Kivu, suivi de l’Ituri, puis de la région du Kasaï et du Sud-Kivu", écrit la mission onusienne en RDC dans son compte-rendu mis à la disposition des médias.
Près de 70% de ces violations concernent le recrutement et l’utilisation des enfants par des groupes et milices armés dont les principaux recruteurs sont les Mai-Mai Mazembe et Nyatura, ainsi que des miliciens Kamwina Nsapu.
Des cas de meurtre et de mutilation ont également été documentés : 39 enfants tués en Ituri (Nord-est) et 19 dans la région du Kasaï (centre), poursuit le document.
En mars dernier, l’ONU dénonçait des violences physiques, sexuelles et psychologiques, en trois semaines, contre plus de 300 enfants dans ce pays qui siège depuis octobre 2017 au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
"Ces attaques constituent l’une des raisons pour lesquelles de nombreux enfants sont déscolarisés et n’ont pas accès aux soins de santé de base", selon la mission de l’ONU.
Dans cette province riche en or, les violences entre populations Hema (éleveurs) et Lendu (agriculteurs) ont déjà fait une centaine de morts et poussé plus de 200 000 personnes à fuir leurs localités, alors que près de 60 000 autres se sont réfugiées en Ouganda, voisin.
L’ONU et plusieurs ONG dénoncent régulièrement des violations des droits de l’enfant en RDC.