Lassaad Ben Ahmed
11 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed a réitéré, mercredi, sa détermination à engager les grandes réformes pour assainir les finances publiques et redresser l’économie, dont la situation est “délicate”.
“Notre pays a besoin, aujourd’hui, plus que jamais d’engager ces réformes qu’il est impératif de mettre en œuvre sans hésitation et sans retard”, a souligné Youssef Chahed à l’ouverture du “Forum national sur les grandes réformes” à Gammarth, dans la banlieue-nord de Tunis.
Tout en assurant son attachement au dialogue avec toutes les parties prenantes et singulièrement les partenaires sociaux, il a fait valoir que “l’intérêt du pays ne permet plus de retard”.
“Le pouvoir exécutif assumera ses responsabilités et ira de l’avant dans les réformes dans les semaines et les mois à venir, car les défis qui se posent sont énormes et le salut des finances publiques est tributaire de l’engagement des réformes, le plus rapidement possible”, s’est engagé le chef du gouvernement sur un ton résolu.
Il s’est dit persuadé que la démarche du gouvernement “ne pourra pas satisfaire toutes les parties sur tous les sujets en suspens, en avançant qu’il fera prévaloir l’intérêt de la Tunisie avant toute autre considération. “C’est mon rôle et je vais l’assumer”, a-t-il martelé.
Le chef du gouvernement faisait allusion à l’absence de l'Union générale tunisienne du travail, UGTT, qui a boycotté la séance inaugurale du forum.
“Autant nous respectons la décision de l’UGTT de ne pas participer à ce forum, aujourd’hui, autant nous regrettons cette absence”, a déploré Chahed qui a assuré que “nos mains demeurent tendues à tous”.
“L’approche du gouvernement est une approche participative et nous sommes persuadés que la voie la plus saine est celle de la réforme et du dialogue avec toutes les parties”, a-t-il suggéré.
Il a assuré au passage que la centrale syndicale a été et restera un partenaire dans l’intérêt du pays avant tout et qu’il ne tolérera pas que “quiconque envenime la relation gouvernement-UGTT”.
A ses yeux, “le véritable grand défi est que nous soyons conscients que notre pays a besoin de tous ses enfants et de toutes ses compétences quelles que soient leurs positions pour pouvoir avancer, en plaçant l’intérêt de la patrie au dessous de tout”.
“Le défi, c’est aussi de redonner espoir aux Tunisiens qui demeurent attachés à leur fierté d’appartenir à leur pays et ceci nécessite travail, sacrifice et réforme”, a-t-il encore souligné.
Après avoir noté que les acquis réalisés par la Tunisie dans sa transition politique constitue un motif de fierté, il a néanmoins fait observer que ces avancées ont eu un coût et ont impacté négativement sur les indicateurs économiques et sociaux.
Aussi, “dès le premier jour de l’entrée en fonction du gouvernement d’union nationale, nous avions tiré la sonnette d’alarme et attiré l’attention sur le fait que cette situation ne pouvait plus durer plus longtemps pour donner la priorité désormais aux volets économiques et sociaux”.
Selon lui, si les critères des finances publiques sont aujourd’hui détériorés, ceci est dû essentiellement à l’absence des réformes nécessaires, ce qui a engendré un accroissement du déficit des caisses sociales, une amplification de la masse salariale, un alourdissement du budget de la compensation et une hausse de l’endettement.
“face à une telle situation, notre devoir est de faire en sorte que les choses ne perdurent pas dans l’avenir et il n’y a qu’une seule solution pour y remédier, c’est d’engager les réformes qui s’imposent”, a-t-il plaidé.
Tout en reconnaissant que la Tunisie a dû avoir recours au soutien des bailleurs de fonds internationaux, il s’est dit convaincu de l’impératif d’entreprendre ces réformes.
“Nous ne pouvions pas assister en spectateur devant une telle situation. personne ne nous dicte ces réformes. C’est notre choix si nous voulons que le pays avance et que la situation s’améliore”, a encore plaidé le chef du gouvernement.
Le chef du gouvernement a, par la suite, énuméré chiffres et arguments à l’appui, les axes essentiels des réformes à entreprendre impérativement, dont celles des caisses sociales, des entreprises publiques non stratégiques, de la fonction publique et de la caisse de compensation, qui souffrent toutes de lourds déficits devenus insupportables pour le budget de l’Etat.