Esma Ben Said
27 Septembre 2017•Mise à jour: 27 Septembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse LOGO
L’opposition togolaise a commémoré mercredi, à Lomé, les 25 ans de la version originelle de la Constitution togolaise votée en 1992 par référendum et dont elle réclame le retour depuis le 19 Août 2017 dernier.
Cette version originelle voté le 27 Septembre 1992 à une majorité écrasante avec près de 98% des suffrages exprimés avec un taux de participation inédit de plus de 74 %, avait été, dix ans plus tard, modifiée en plusieurs articles par l’Assemblée Nationale (Composée à près de 100% des membres du parti RPT au pouvoir).
L'Assemblée à notamment fait sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel (art. 59) permettant ainsi au président Eyadema Gnassingbé (décédé depuis) de rester au pouvoir 38 ans au total.
Depuis le 19 Août 2017, l’opposition fait du retour à cette Constitution son crédo.
De son côté, le gouvernement a proposé des réformes constitutionnelles et institutionnelles conformément à l’Accord Politique Global de 2006 (impliquant une limitation de mandats), mais qui ne satisfont pas pour autant l'opposition, qui dénonce la non-rétroactivité de ces réformes.
Mercredi, les leaders de l'opposition, ont tenu à "montrer à la presse les preuves que la constitution togolaise de 1992 n’a pas été une œuvre solitaire", contrairement aux déclarations du camp adverse (parti UNIR au pouvoir).
"La conception de la constitution originelle de 1992 n’a pas été une œuvre solitaire. Elle a été le fruit d’une réflexion collective menée dans un cadre multidisciplinaire", a indiqué Pascal Adoko, Secrétaire générale du parti la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA-opposition) dans une déclaration liminaire de circonstance.
"Les dispositions pertinentes contenues dans la Constitution originelle de 1992 portant limitation du nombre de mandat présidentiel, la durée des mandats, le mode de scrutin uninominal à deux tours pour l’élection du président de la république présidentielle et les députés, les modalités de désignation et les prérogatives du premier ministre, la composition de la cour constitutionnelle, étaient non seulement des garde fous prévus par le législateur afin de prévenir toute résurgence autocratique, mais aussi et surtout pour permettre au Togo de connaitre une vie démocratique normale", a-t-il rappelé.
La déclaration affirme aussi que "toute la classe politique était d’accord en 1992 pour que plus que jamais au Togo, nul ne puisse plus exercer plus de deux mandats présidentiels de 5 ans, que ce soit de façon continue ou discontinue".
Pour preuve, une photocopie d’un article du quotidien national "Togo presse" du 21 Septembre 1992 qui titrait à la une "le Gal Eyadema appelle tous les Togolais à voter ‘’oui’’ au référendum du 27 Septembre", a été distribué à la presse.
Cette preuve faite, l’opposition a qualifié les modifications intervenues en 2002 et 2005 comme "des crimes impardonnables contre la démocratie, l’unité et la cohésion nationale".
Un appel patriotique et solennel a de nouveau, été lancé aux populations togolaises "afin de poursuivre avec encore plus de détermination le combat jusqu'à l’aboutissement du retour à la Constitution de 1992".