Esma Ben Said
14 Novembre 2017•Mise à jour: 14 Novembre 2017
AA/Harare (Zimbabwe) /John Cassim
Plusieurs chars et camions militaires en mouvement ont été aperçus mardi en direction de la capitale zimbabwéenne, Harare, suscitant la crainte d'un éventuel coup d'État par l'armée, ont rapporté les médias locaux.
Des images de chars qui se dirigeant vers la capitale ont circulé sur les médias sociaux mardi, faisant naître des rumeurs selon lesquelles un coup d'Etat pourrait être imminent. D'autres spéculateurs soulignent qu'il pourrait s'agit d'une simple démonstration de force de l'armée.
Cet évènement survient au lendemain d'une mise en garde sans précédent du général Constantino Chiwenga, chef de l'armée, à l'encontre du président Robert Mugabe.
Le commandant de l'armée avait notamment dénoncé l'éviction la semaine dernière du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa - longtemps pressenti comme dauphin du président Robert Mugabe dont il était un des anciens fidèles- et prévenu que l'armée "serait forcée d'intervenir" si cette "purge" ne cessait pas au sein du parti présidentiel, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980.
"La purge actuelle qui vise clairement les membres du parti qui ont été engagés dans la guerre d'indépendance doit cesser (...) Nous devons rappeler à ceux qui sont derrière ces dangereuses manigances que lorsqu'il s'agit de protéger notre révolution, l'armée n'hésitera pas à intervenir", a martelé Chiwenga.
Des déclarations qui, selon la presse locale, visent la première dame Grace Mugabe accusée de critiquer publiquement ses opposants, dont fait parti Mnangagwa, démis de ses fonctions après un bras de fer avec cette dernière.
Désormais, cette dernière se retrouve en position idéale pour succéder à son époux.
D'après les médias locaux Mnangagwa, aurait fui le pays pour se réfugier en Afrique du Sud.
Le Zimbabwe est plongé depuis plus d'une décennie dans une dans une grave crise économique et financière. Mugabe, à la tête depuis 37 ans d'un régime autoritaire et répressif, a été investi par son parti pour la présidentielle de 2018, malgré ses 93 ans.