AA/Niamey(Niger/Balima Boureima
Au Niger, pays sahélien, les pluies diluviennes constituent toujours une menace pour les populations. Les fortes précipitations enregistrées, au Niger, de juin au mois d’août ont occasionné d’importants dégâts sur les infrastructures et les secteurs productifs et généré des milliers de sinistrés.
"Nana", cinquantenaire, a été obligée de quitter avec 11 membres de sa famille la maison, situé au quartier Bangou Bana dans la capitale Niamey, qu’elle occupait depuis 1992 pour se réfugier, pour la troisième année, dans les salles de classes. Leur maison a été envahie par les pluies diluviennes du début Août. « Quand il pleut, l’eau nous atteint jusqu’à la hauteur de nos ventres »explique-t-elle à Anadolu.
Dans la cour de cette école, une centaine de familles composées pour la plupart de femmes et d’enfants ont élu domicile dans les classes. « Les hommes sont restés pour garder les maisons qui sont en garde partie fissurée » explique Nana.
Les pluies déluviennes qui s'abattent souvent entre juin et août sur Niamey constituent la principale menace de la capitale. Selon la cellule de coordination au cabinet du Premier ministre, en un jour certains villages ont enregistré entre 212 et 278 mm (Baleyara et Dantchandou, dans le sud-ouest du pays) entraînant du coup des conséquences sur la vie des populations.
Cette année encore « La protection civile a fait état de 12 personnes décédées, 4450 ménages sinistrées, 4425 maisons effondrées pour 27 293 personnes sinistrées, au total. » selon la même cellule .
Au niveau de la capitale nigérienne, c’est le cinquième arrondissement communal qui est le plus touché. Selon le maire de cette commune, les inondations de cette année contrairement à celles des autres années sont dues aux eaux de ruissellement venant des collines environnantes.
« Il y avait un bras mort du fleuve du Niger au niveau du quartier Bangou Bana et la population a continué à construire des maisons sur le passage naturel de ces eaux. Ce qui a fait qu’on a engendré des inondations au niveau de ce quartier. » a déclaré à Anadolu, Issa Hamani, le maire du cinquième arrondissement communal de Niamey.
Seules dans la cour de l’école, Nana et les autres sinistrées ne demandent qu’une seule chose, la construction des voies pour l’évacuation des eaux de pluies.
« A chaque saison des pluies, nous avons également des problèmes pour accéder à l’eau potable » se lamentent-elles.
Une doléance qui est en passe d’être prise en compte car selon, le maire de la commune, en collaboration avec le Projet d’action communautaire sur la résilience climatique, l’arrondissement a élaboré des mini-projets pour la construction des canaux.
« Le gouvernement entend construire des canaux pour évacuer les eaux de ruissellement vers le fleuve », a indiqué Issa Hamani interrogé par Anadolu.
En attendant, Nana et ses camarades d’infortune sont dans le dénouement total, du moins en termes de commodité.« Nous sommes une quarantaine de personnes à nous entasser dans les salles de classes dans l’insécurité » tonne-t-elle.
Les femmes du quartier Bangou Bana, dans le cinquième arrondissement de Niamey ne sont pas les seules dans cette précarité. Selon la cellule de la coordination humanitaire « 10 puits ont été endommagés, 3 mosquées, et deux salles de classes effondrées. » en plus de 256 champs et 2099 ha de cultures inondés et 79 jardins ensevelis.
L’Etat, avec l’appui de l’OIM(Organisation internationale de la migration) et de l’UNICEF, a apporté une assistance alimentaire et non alimentaire à 2227 ménages sinistrés, « ce qui a permis de les sécuriser pendant un mois. » a expliqué la note.
Il y a deux ans les inondations avaient tué 19 personnes et fait quelque 500.000 sinistrés, et causé d’importants dégâts.