Bilal Müftüoğlu
17 Février 2016•Mise à jour: 17 Février 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Ségolène Royal, ministre française de l'Ecologie, a été nommée présidente de la COP [Conférence des Parties sur le climat] jusqu'à sa prochaine édition au Maroc, a annoncé la ministre elle-même mercredi matin.
"Je ne vais pas non plus faire semblant de ne pas savoir, vous avez raison(...). Le président [François Hollande] m'a proposé de prendre cette responsabilité, que j'ai acceptée", a fait savoir Royal, intervenant sur la chaîne d'info iTélé.
Royal sera ainsi chargée de préparer la réunion des Nations unies (ONU) du 22 avril portant sur le processus de la signature de l'accord de COP21 ainsi que le lancement des projets annoncés en marge du sommet tenu fin 2015 à Paris, dont l'Alliance solaire.
La désignation de Royal à ce poste fait suite au désistement de Laurent Fabius, qui avait initialement annoncé son souhait de garder la présidence de la COP après son départ du poste de ministre des Affaires étrangères. Le projet de Fabius avait pourtant créé des polémiques au sein du gouvernement, à commencer par Royal, concernant le cumul des mandats, notamment ceux de la présidence de la COP21 et du Conseil constitutionnel.
Royal avait alors appelé la semaine dernière à "clarifier les règles du jeu", estimant que "les règles de non-cumul s'appliquent à tout à chacun", donc y compris dans le cas de Fabius.
Le Secrétaire d'Etat chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche Thierry Mandon avait qualifié pour sa part d''inimaginable" la volonté de Fabius de garder sa présidence de la COP21 avec son nouveau poste en tant que président du Conseil constitutionnel.
"La bonne gouvernance implique que les pouvoirs dans la République soient absolument incontestables. Le Conseil constitutionnel, c’est au-dessus de tous les pouvoirs, ça ne peut pas avoir des missions qui relèvent de l’exécutif", avait-il souligné dimanche sur iTélé.
Suite aux critiques, Fabius avait officialisé son désistement, dans une lettre envoyée à Hollande lundi. "A mon sens, il n’existe pas d’incompatibilité avec la présidence de la dernière phase de la COP21. Pour autant, compte tenu du début de polémique interne sur ce sujet, je juge préférable de vous remettre mon mandat de président de la COP", avait-il noté dans sa lettre.