Senhan Bolelli
30 Juin 2026•Mise à jour: 30 Juin 2026
AA / Madrid
En Espagne, plus d'un million de migrants irréguliers ont postulé au processus de régularisation de leur situation.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a défendu, mardi, le décret qui permettra à plus d'un million de migrants irréguliers d'obtenir un statut légal.
Sanchez a fait ces déclarations lors d'un événement auquel il a participé à Madrid concernant le processus, qui a commencé le 15 avril et dont les candidatures prendront fin ce mardi, permettant d'accorder des permis de séjour et de travail aux migrants irréguliers.
« Sans eux, l'Espagne perdrait 19% de son PIB d'ici 2050. D'ici 2075, cette perte s'élèverait jusqu'à 22%. », a-t-il affirmé, soulignant l'importance de ce processus.
Le chef du gouvernement a par ailleurs précisé que plus d'un million de migrants irréguliers ont postulé au processus de régularisation.
Concernant le « Plan d'Intégration et de Citoyenneté » du gouvernement, Sanchez a déclaré qu'il était « d'une nécessité absolue d'avoir une politique migratoire basée sur la garantie d'une migration légale, sûre et régulière, et d'accorder un statut légal aux migrants irréguliers avec le décret exceptionnel qu'ils ont promulgué ».
« Il n'y a pas d'intégration sans statut légal. L'exclusion ne protège personne car elle ne procure de priorité nationale à personne, au contraire, elle rend les nouveaux arrivants plus vulnérables et rend le fonctionnement de la société plus difficile », a déclaré Sanchez, en indiquant qu'ils créeraient une institution étatique pour une stratégie de mobilité de la main-d'œuvre qui accordera un statut légal aux migrants irréguliers et ouvrira des voies sûres et légales.
Sanchez a indiqué que l'objectif est de mettre en œuvre le « Plan d'Intégration et de Citoyenneté » d'ici 2030, et qu'à cet effet, ils ont déterminé 16 mesures et 10 objectifs sous 4 rubriques principales.
Le Premier ministre espagnol a noté que la première étape du plan serait l'octroi d'un statut légal aux migrants irréguliers, dont les candidatures prennent fin mardi.
Sanchez a déclaré qu'ils transféreraient une ressource annuelle de 500 millions d'euros pour ce plan, qu'il a défini comme « un projet de vie couvrant l'emploi, l'éducation, les droits, les devoirs et les règles communes de coexistence ».
Conformément au décret exceptionnel promulgué par le gouvernement de coalition minoritaire de gauche, un processus de candidature avait été lancé pour accorder des permis de séjour et de travail à tous les migrants irréguliers étant entrés en Espagne avant le 1er janvier, y étant restés de manière ininterrompue pendant au moins 5 mois, n'ayant pas de casier judiciaire et ne constituant aucune menace pour l'ordre public.
Les groupes politiques de droite et d'extrême droite, qui sont dans l'opposition en Espagne et au Parlement européen, avaient fait des déclarations critiquant la régularisation des migrants irréguliers par le gouvernement espagnol.
En Espagne, dans des conditions normales, des élections générales auront lieu l'année prochaine.
Les sondages montrent que lors d'élections éventuelles, le Parti Populaire (PP), la principale force d'opposition, pourrait obtenir la majorité au Parlement avec le parti d'extrême droite Vox, qui est actuellement le troisième plus grand parti politique du pays.
Le PP et Vox s'opposent totalement à la politique migratoire du gouvernement de gauche.
Les migrants constituent 20% de la population espagnole
Selon les données officielles, alors que le nombre d'étrangers vivant en Espagne a doublé depuis 2002, dans la situation actuelle, les migrants constituent 20% de la population du pays.
Selon les dernières données de l'Institut National de la Statistique (INE), il est remarquable que 10 millions de personnes nées à l'étranger vivent en Espagne, représentant 1 personne sur 5, que le nombre de personnes nées à l'étranger ait augmenté de deux millions rien qu'au cours des trois dernières années et que les migrants travaillent dans 43% des nouveaux emplois dans le pays.
* Traduit du turc par Mariem Njeh