AA/ Bujumbura/ Rénovat Ndabashinze/ Jean Bosco Nzosaba
Deux personnes ont été tuées, mardi à Bujumbura, alors que les manifestations contre le régime de Pierre Nkurunziza entrent dans leur 30ème jour.
Des actes de torture exercés par des policiers sur des manifestants dans la commune à majorité musulmane de Buyenzi, ont été constatés. Un policier a ouvert sa grenade lacrymogène entre les jambes d'un manifestant arrêté et menotté, à l'arrière d'un véhicule de police, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Plus tôt dans la journée de mardi, dans la même commune de Buyenzi, une personne a été tuée par balle, et une autre blessée, suite à plusieurs balles tirées par les policiers pour disperser les manifestations, ont confirmé des témoins oculaires à Anadolu.
"La victime a été touchée, au niveau de la tête, par une balle et elle est morte sur le champ", a, ainsi, affirmé à Anadolu un habitant de Buyenzi, s'exprimant sous anonymat pour des raisons sécuritaires.
De jeunes manifestants de la commune de Kanyosha (Sud de Bujumbura) avaient trouvé, plus tôt dans la matinée, un corps sans vie d’un jeune manifestant. "Le jeune David a sans doute été tué la nuit dernière [lundi]", a confié à Anadolu Abdou Bampoye, administrateur de la commune Kanyosha, sans préciser les auteurs.
Ces deux morts portent ainsi à 42, au moins, le nombre de civils tués depuis le début de la crise politique, le 26 avril dernier, selon un décompte établi par Anadolu à partir de sources humanitaires, policières et politiques.
Les habitants de Buyenzi, réputée pour être plutôt un quartier de petits métiers et de débrouille en mécanique automobile, ont marqué, mardi, leur entrée de jeu dans la contestation d'une troisième candidature "inconstitutionnelle" du président Pierre Nkurunziza, à la présidentielle du 26 juin prochain.
Tôt ce matin, les routes de cette commune étaient barricadées avec des carcasses de voitures et autres pneus usagés.
«Nous avons appris que le pouvoir banalise notre mouvement en disant que les manifestations sont seulement dans quatre quartiers de la mairie de Bujumbura, vous voyez que nous sommes de toutes les ethnies, de tous les quartiers, décidés à nous battre pour que Nkurunziza renonce à son 3ème mandat», a déclaré à Anadolu un manifestant de la commune Bwiza.