Melike Pala
28 Mai 2026•Mise à jour: 28 Mai 2026
AA / Bruxelles / Melike Pala
La Belgique a inauguré jeudi sa première ligne de production de sections de queue horizontale pour les avions de chasse F-35A sur le site de l’entreprise Sonaca à Gosselies, rejoignant ainsi la chaîne d’approvisionnement mondiale de cet appareil de cinquième génération, selon le portail d’information Sudinfo.
L’annonce a été faite lors d’une cérémonie en présence du Premier ministre belge Bart De Wever, du ministre de la Défense Theo Francken, du ministre-président wallon Adrien Dolimont et du ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet, aux côtés de l’ambassadeur des États-Unis Bill White.
La nouvelle installation entièrement numérisée, située sur le site de l’équipementier aéronautique Sonaca à Gosselies, a produit son premier stabilisateur horizontal destiné au F-35 Lightning II, appelé à remplacer la flotte vieillissante de F-16 Fighting Falcon de la Belgique.
Les autorités ont indiqué que le programme devrait générer plus de 400 millions d’euros (466 millions de dollars) de retombées économiques et permettre la création de 150 emplois qualifiés d’ici 2035.
La section de queue horizontale, composant essentiel du contrôle de vol situé à l’arrière de l’appareil, joue un rôle clé dans la stabilisation du F-35 et le contrôle du tangage, tout en répondant aux exigences de furtivité.
Dans le cadre du consortium industriel baptisé « BeLightning », la production est répartie entre plusieurs entreprises aérospatiales belges.
L’assemblage final des sections de queue est réalisé chez Sonaca à Gosselies avant leur expédition vers BAE Systems puis leur intégration aux chaînes de production finales du F-35 en Italie et aux États-Unis.
L’investissement dans le programme est estimé à 192 millions d’euros (223 millions de dollars), avec une production prévue pour environ 400 appareils, correspondant à 800 ensembles de queue, à un rythme estimé d’environ 30 avions par an.
Défendant l’importance stratégique du projet, Bart De Wever a affirmé que celui-ci démontrait le rôle de la Belgique non seulement comme client, mais aussi comme partenaire industriel au sein des chaînes de production de défense de l’OTAN.
« Nous ne pouvons pas dépendre de rivaux stratégiques pour les technologies qui sous-tendent notre sécurité. Mais au sein d’une alliance, la coopération est une force », a-t-il déclaré.
Theo Francken a, de son côté, mis en avant la dimension européenne du réseau de production du F-35, évoquant les contributions industrielles multinationales de plusieurs pays membres de l’OTAN.
« Ce qui se passe ici, c’est l’européanisation du F-35 dans la pratique », a-t-il déclaré. « Des sections de queue belges, des fuselages allemands, des sections avant finlandaises et un assemblage italien », a-t-il ajouté, estimant qu’il ne s’agissait « pas d’un achat classique auprès d’un fournisseur américain ».
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani