AA/Pékin (Chine)
Un haut responsable gouvernemental chinois a accusé le Dalaï-Lama de «double trahison» envers son pays et sa foi, a rapporté mercredi, un média d’Etat chinois.
Le directeur de la Commission des affaires religieuses de l’organe consultatif du Parlement chinois, Zhu Weiqun, a réaffirmé que le prochain Dalaï-Lama – chef du bouddhisme tibétain – devrait être choisi par le gouvernement chinois.
«La réincarnation du Dalaï-Lama doit être approuvé par le gouvernement central et par aucun autre camp, y compris le Dalaï-Lama lui-même» a déclaré Zhu, cité par l’agence de presse chinoise officielle, Xinhua.
Le Dalaï-Lama actuel, qui s’est exilé du Tibet en 1959, a déclaré que le titre pourrait prendre fin avec sa propre mort, tandis que la Chine affirme que la tradition, par laquelle l’âme d’un Dalaï-Lama se réincarne dans le corps d’un enfant, doit se poursuivre avec un candidat sélectionné par Pékin.
En 1995, le Dalaï-Lama avait nommé, au Tibet, un petit garçon en tant que réincarnation du Panchen-lama, deuxième plus haute figure du bouddhisme tibétain. L’enfant, nommé Gedhun Choekyi Nyima, avait été assigné à résidence et un autre avait été installé à sa place par Pékin.
Nyima, âgé de six ans, a par la suite disparu avec ses parents, et n’a jamais été retrouvé jusqu’à aujourd’hui.
S’adressant à des journalistes lors d’une séance parlementaires annuelle à Pékin, Zhu a affirmé : « politiquement parlant, [le Dalaï-Lama] a trahi sa patrie… Religieusement parlant, il a trahi le bouddhisme tibétain et le système de succession du Dalaï-Lama».
Les déclarations de Zhu interviennent à la suite des critiques du gouverneur de la région autonome du Tibet, Padma Choling, qui accuse le Dalaï-Lama de «blasphème» en raison de sa position concernant sa succession.
Le Premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, a réagi en comparant la sélection du prochain Dalaï-Lama par le parti Communiste chinois au choix du Pape par l’ancien dirigeant cubain, Fidel Castro.