Rabia İclal Turan
18 Août 2026•Mise à jour: 18 Août 2026
AA / Washington
Les États-Unis ont imposé mardi des sanctions à la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Tomoko Akane, ainsi qu’au responsable Abdoulaye Seye.
Akane, ressortissante japonaise qui occupe la présidence de la CPI depuis 2024, et Seye, ressortissant sénégalais, ont été inscrits sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN) du département du Trésor, selon le site de l’agence.
Les deux désignations ont été effectuées en vertu du décret présidentiel 14203, intitulé « Imposition de sanctions contre la Cour pénale internationale », signé par le président américain Donald Trump le 6 février 2025. Ce décret a depuis été utilisé pour désigner 10 responsables de la CPI, dont l’ancien procureur général Karim Khan et huit juges.
L’inscription sur cette liste bloque les éventuels avoirs détenus par Akane et Seye aux États-Unis et interdit aux citoyens et entités américaines d’effectuer des transactions avec eux.
Cette mesure intervient alors que Washington a intensifié sa pression sur la Cour après que celle-ci a émis, en novembre 2024, des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés à Gaza.
Le département d’État américain a lancé le mois dernier une campagne visant à démanteler ce que l’administration Trump présente comme une menace de la CPI contre la « souveraineté américaine ».
S’exprimant le mois dernier à Camp David, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré que la CPI « s’était rendue illégitime » en revendiquant sa compétence à l’égard de pays qui ne sont pas membres de la Cour. Les États-Unis ne sont pas parties au Statut de Rome et s’opposent depuis longtemps à la compétence de la CPI.
Trump avait ensuite déclaré que Rubio cherchait à « défendre Bibi et diverses autres personnes », faisant référence au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Akane, sixième présidente de la CPI et première ressortissante japonaise à occuper ce poste, a critiqué à plusieurs reprises la campagne de sanctions depuis son lancement. Lors d’une réunion de l’Assemblée des États parties de la Cour en décembre, elle avait déclaré que ces mesures ne modifieraient pas la manière dont les juges interprètent leur mandat.
« Nous n’accepterons jamais aucune forme de pression de la part de qui que ce soit sur les questions d’interprétation du cadre statutaire et de jugement des affaires », avait déclaré Akane à l’assemblée, soulignant que « l’indépendance et l’impartialité sont nos étoiles polaires et restent intactes ».
La CPI n’a pas encore publié de déclaration concernant ces dernières désignations.
*traduit de l'anglais par Ayse Bashoruz