Yunus Keleş
05 Avril 2018•Mise à jour: 06 Avril 2018
AA - Mossoul
Les étudiants de l’université de Mossoul, ville irakienne restée sous le contrôle de Daesh pendant trois ans, continuent de se rendre sur les campus afin de poursuivre leurs études.
Construite en 1967 dans la banlieue est de Mossoul, l’université, dotée du deuxième plus grand campus du pays, a été en partie détruite à cause des conflits survenus au cours de l’opération lancée contre Daesh le 16 octobre 2016.
Plus de 30 mille jeunes étudiaient au sein de l’université, qui disposait de 24 facultés au total, avant que l’organisation terroriste ne s’en empare, le 10 juin 2014.
Cependant après le départ forcé des étudiants et des professeurs, menacés de mort par Daesh, l’enseignement au sein de l’université était sur le point de disparaître.
- Fermeture des facultés
De nombreuses facultés de l’université, où l’enseignement n’est assuré actuellement qu’à titre provisoire, sont fermées.
L’université a été en partie détruite lors des violents affrontements survenus entre les forces de sécurité irakiennes et Daesh, qui s’est emparé de l’université afin d’utiliser son campus comme base militaire.
Mais les étudiants, déterminés à poursuivre leurs études, malgré toutes les difficultés qui puissent exister, continuent de fréquenter l’université, depuis le départ de Daesh, quand bien même celle-ci n’est plus en mesure de les accueillir.
Les facultés de littérature et de médecine sont celles qui ont été le plus épargnées par les conflits et qui sont le moins endommagées. Les étudiants, en formation dans des salles de cours dépourvues des équipements de base nécessaires pour leurs cursus, attendent les aides du gouvernement central irakien.
"Nous avons beaucoup de mal à trouver le matériel et les documents nécessaires pour les cours. Les pénuries sont à un stade extrême, mais nous devons rendre les circonstances plus faciles même si les conditions n’y sont pas propices", a confié, à Anadolu, Selim Ahmed, étudiant en deuxième année de médecine.
Indiquant que Mossoul se remet progressivement, depuis le départ de Daesh, Ahmed partage qu’ils essayent de voir le bon côté des choses malgré les effets néfastes de la guerre sur leur état psychologique.
"La reprise des études au sein de notre université suffit à me motiver. Avec le temps, nous panserons les maux infligés à la ville. Nous surmonterons ces jours difficiles, j’en suis persuadé. Je crois en l’existence d’un avenir meilleur. J’espère ne jamais retourner dans un Mossoul chaotique où des enfants meurent chaque jour à cause de la guerre. Je souhaite la paix et le bonheur pour mon pays et le monde entier".
Ahmed Kadioglu, qui s’est réfugié, avec sa famille, en Turquie pendant deux ans, suite à la prise de Mossoul par Daesh, est rentré au pays le 11 juillet 2017, une fois sa libération assurée.
Partageant l’accueil chaleureux qui leur a été réservé en Turquie, Kadioglu parle, désormais, le turc couramment.
Aujourd’hui, il poursuit ses études de langues et de littérature turque à la Faculté de Langues de l’université de Mossoul.
Soulignant que la situation économique dans la ville est déplorable, Kadioglu indique qu’il souhaite, une fois diplômé, travailler avec les entreprises turques.
"Sous Daesh, nous avons vécu dans une prison", partage Moustapha Sadi, dans le jardin du campus où les traces de la guerre se font encore plus visibles.
Étudiant en troisième année d’histoire, Sadi est persuadé qu’ils ont tourné la page sur ce douloureux passé.
"Je n’ai pas pu prendre la fuite lorsque Daesh s’est emparé de la ville. C’était comme si nous étions en prison. Dieu merci, ces jours appartiennent au passé. A l’avenir, je souhaite devenir fonctionnaire", a-t-il conclu.